Le chef du CPL s’entretenant avec l’ambassadeur de Syrie. Photo Ani
Le chef du bloc du Changement et de la Réforme, le général Michel Aoun, a reçu hier dans la matinée l'ambassadeur de Syrie, Ali Abdel Karim Ali. S'exprimant à l'issue de la réunion, ce dernier a révélé avoir « transmis au général Aoun les salutations du président syrien Bachar el-Assad » et s'être « enquis de sa santé ».
« Notre entretien, qui a consisté en un tour d'horizon politique, coïncide avec la commémoration de la victoire du Liban et de la résistance (de 2006). J'ai transmis au général notre vision globale des changements régionaux, nés de la longue guerre menée contre le Liban, la Syrie et la région dans son ensemble », a ajouté l'ambassadeur syrien, avant de relater « la lecture du général Aoun : selon cette lecture, la région progresse vers des victoires, dans le prolongement des victoires réalisées par les forces souverainistes, qui luttent contre le terrorisme takfiriste, sous toutes ses formes d'hégémonie, de corruption et d'ambitions sionistes. L'axe de la souveraineté et du droit des peuples est victorieux. Et il est clair que l'entente finale sera dans l'intérêt de la Syrie et du Liban ».
Le chef du CPL a ensuite reçu la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies, Sigrid Kaag, qui s'est abstenue de tout commentaire à la presse.
Fattouche attaque Rifi
Le général Aoun s'est également entretenu avec le député Nicolas Fattouche qui a exprimé sa solidarité avec le leader chrétien. « Nous sommes venus soutenir le général Michel Aoun et appuyer sa position, non seulement dans sa dimension chrétienne, mais aussi sa dimension consensuelle et nationale », a-t-il déclaré à l'issue de sa visite.
Précisant que « l'escalade émane du camp opposé », il a tiré à boulets rouges sur le ministre de la Justice, Achraf Rifi, qui avait déclaré, plus tôt, avant le début de la réunion du cabinet, que « le général Aoun poursuivra son combat donquichottien contre le général (Jean) Kahwagi jusqu'à le hisser à la présidence de la République ». Répondant au ministre, Nicolas Fattouche s'est demandé si ce dernier détenait les clés de la présidentielle « dans sa poche ». « Qui lui a donné ce pouvoir? » s'est-il interrogé avant d'ajouter : « Cela est la preuve d'une atteinte supplémentaire aux droits des chrétiens, sans parler des ingérences du ministre dans la marche de la justice. » « Nous rappelons au ministre, et à ceux qui gravitent autour de lui, que notre patience a des limites », a-t-il lancé.
La même solidarité avec la position aouniste a été exprimée, à Rabieh, par l'ancien ministre Wi'am Wahhab. « Nous approuvons toutes les démarches effectuées par le général Michel Aoun. Et cela devrait être la position de tout le 8 Mars réuni. Le général Aoun a en effet pris des positions louables, à des moments difficiles, comme pendant la guerre de juillet 2006, dont nous commémorons la victoire aujourd'hui », a souligné M. Wahhab. « Je peux assurer que M. le Premier ministre (en référence à Michel Aoun) tient à la stabilité du Liban. Personne ne peut jouer sur cette corde sensible. Et M. le Premier ministre est soucieux des institutions, dont il est le père spirituel », a-t-il ajouté. « Ceux qui tentent, de l'intérieur et de l'extérieur du Conseil des ministres, de serrer l'étau autour du général Aoun n'y parviendront pas. S'ils maintiennent leur forcing, ils susciteront une campagne de revendications pour un changement vers un système plus rassembleur », a conclu l'ancien ministre.


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11 h 51, le 14 août 2015