Michel Platini est le grand favori pour l'élection à la présidence de la Fifa, le 26 février prochain, même si des voix s'élèvent pour tenter de le disqualifier et le décrire comme l'incarnation d'un système à bout de souffle.
Platini, « un produit du système » : c'est l'angle d'attaque adopté par les rivaux potentiels du président de l'UEFA pour tenter de torpiller sa candidature, officialisée mercredi. Un gros poisson a entonné ce discours hier : le Sud-Coréen Chung Mong-joon, ancien vice-président de la Fifa et personnalité incontournable du football asiatique, a révélé son intention de briguer la présidence de la Fifa et en a profité pour présenter Platini comme « un produit de l'actuel système Fifa », voire « un protégé de Blatter ». S'il décidait d'aller jusqu'au bout, le milliardaire sud-coréen, héritier de l'empire industriel Hyundai, s'annoncerait comme le principal adversaire de Platini.
Les propos les plus durs sont toutefois venus, dès mercredi, du prince jordanien Ali ben al-Hussein, qui avait mis Blatter en ballottage en mai avec le soutien de... Platini et de l'UEFA. « Platini n'est pas bon pour la Fifa. La culture des arrangements en coulisses, en sous-main, doit prendre fin », avait estimé le demi-frère du roi Abdallah II de Jordanie, qui n'exclut pas de se présenter à nouveau. Candidat déclaré, le président de la Fédération libérienne, Musa Bility, a aussitôt embrayé : « Platini ne représente pas le changement, il a été vice-président de la Fifa durant 8 ans. »
Quelles conséquences en termes de voix ? A priori aucune, ou presque. Chung, Bility et Ali pourraient être tentés de former un front commun contre Platini, mais celui-ci a pris le soin d'assurer ses arrières avant de se lancer dans la course. L'ancien triple Ballon d'or n'avait pas osé affronter Blatter il y a deux mois, ses chances de succès étant nulles à l'époque. S'il a décidé de franchir le pas après la démission du Suisse, c'est qu'il a vraisemblablement l'assurance de l'emporter.
Quatre sur six...
D'ailleurs, quelques heures après les attaques de Chung, la Confédération asiatique (AFC, qui chapeaute les fédérations du continent) a confirmé officiellement qu'elle soutenait Platini. Désavouant de facto le Sud-Coréen. Platini est « sans aucun doute un candidat remarquable qui amènerait de la stabilité et permettrait une transition en douceur vers un fonctionnement normal de la Fifa, dans cette situation difficile », a affirmé le président de l'AFC, cheikh Salman ben Ibrahim al-Khalifa. Il a appelé ses 47 fédérations membres à « rester aussi unies que possible derrière le meilleur candidat », savonnant ainsi la planche de Chung.
Platini dispose donc maintenant du soutien de quatre des six Confédérations : Europe, Asie, Amérique du Sud, Concacaf (Amérique du Nord, centrale et Caraïbes). De quoi lui assurer un matelas de voix confortable sur les 209 fédérations membres de la Fifa.
Platini n'a pas encore dévoilé précisément son programme, mais va sans doute vouloir capitaliser sur son profil de réformateur, bâti à l'UEFA depuis 2007 : fair-play financier, ouverture de la Ligue des champions, Euro à 24 équipes... Un bilan qui pousse ses partisans à voir en lui l'homme de la rupture au sein d'une institution qui fait l'objet d'enquêtes judiciaires. C'est « l'une des personnes les plus aptes à redonner la crédibilité » à la Fifa, a assuré l'ancien secrétaire général de l'instance, le Suisse Michel Zen Ruffinen.
Soucieux de peser jusqu'au bout sur le cours des événements, Blatter avait lancé le 20 juillet un groupe de travail pour se pencher sur une série de réformes : limitation des mandats, contrôle de la probité des membres du comité exécutif et publication de leurs rémunérations. Platini avait salué ce geste comme « un pas important ». Il devra maintenant expliciter ses propres propositions.
(Source : AFP)


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