M. Bassil recevant son homologue serbe au palais Bustros.
Le flux des réfugiés syriens et le terrorisme ont été hier au centre d'un entretien entre le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, et son homologue serbe, Ivica Dačić, en visite au Liban. Les discussions, qui ont eu lieu en présence du directeur serbe des Affaires politiques et des Relations bilatérales, Goran Aleksic, ont porté sur les dangers qui menacent le Liban, notamment « du fait de l'afflux d'un nombre élevé de Syriens », sachant notamment que « la Serbie fait face à des dangers similaires », a souligné M. Bassil à l'issue de la rencontre.
« Nous avons évoqué les dangers sécuritaires et les risques de déstabilisation du fait de la présence des réfugiés au Liban », a indiqué M. Bassil. Devant son interlocuteur serbe, le ministre a affirmé le refus du Liban de « toute forme d'intégration des réfugiés syriens, ainsi que notre rejet de toute mesure, quelle qu'elle soit, directe ou indirecte, qui vise à prolonger leur séjour au Liban, l'unique solution étant le retour de ces derniers dans leur pays ».
M. Bassil a précisé que la Serbie a accueilli à ce jour près de 30 000 réfugiés syriens. « En dépit de ce petit nombre, la Serbie est consciente des lourdes conséquences qui pourraient survenir des crises provoquées par des déplacements collectifs de cette envergure », a indiqué le ministre. Il a souligné avoir également évoqué devant son homologue serbe la question du terrorisme, « qu'il faut à tout prix déraciner », et l'importance d'œuvrer au « tarissement de ses sources idéologiques et financières ».
« Ce danger est en train de s'étendre en Europe et dans le monde. Nous avons récemment appris par voie de médias l'existence de camps d'entraînement relevant de l'État islamique près de la frontière serbe. Des activités de ce type s'inscrivent dans le cadre de la mondialisation du terrorisme », a souligné M. Bassil. Et de rappeler que « la bataille des terroristes islamistes est transfrontalière, leur effet de nuisance également ». Le ministre a précisé avoir insisté devant son interlocuteur sur l'importance de la présence de minorités religieuses partout dans le monde, surtout au Proche-Orient, sachant que « sans les chrétiens, cette région ne sera plus la même ».
Et de poursuivre : « Le Liban est un exemple du pluralisme et du pardon. En l'absence du pluralisme au Liban, la région sera menacée de subir le même sort. » M. Bassil a rappelé au passage les points de similitude entre le Liban et la Serbie, soulignant que lorsque la guerre a éclaté dans l'ex-Yougoslavie, « on avait parlé de la libanisation de l'ex-Yougoslavie ».
Il a annoncé par ailleurs avoir signé des accords avec M. Dačić prévoyant l'abolition des visas diplomatiques, touristiques et de travail par les deux pays.
À ce sujet M. Dačić a indiqué que le Liban et la Serbie ont tous les deux intérêt à consolider les relations bilatérales à tous les niveaux, exprimant son souhait de parvenir à une abolition totale des visas.
« Nous suivons avec beaucoup d'intérêt les opérations terroristes qui ont lieu sur le sol libanais, qui font des victimes et provoquent de lourdes pertes. Nous rejetons totalement le terrorisme comme moyen pour réaliser des objectifs politiques, ethniques ou autres », a déclaré le ministre serbe, soulignant que son pays est en voie de signer un protocole et un mémorandum de coopération pour combattre le terrorisme.
M. Dačić a évoqué au passage la question des immigrés illégaux qui, a-t-il dit, utilisent la Serbie comme voie de passage pour se diriger vers d'autres pays occidentaux. Et de préciser que son gouvernement fait clairement la distinction entre la question des réfugiés et le terrorisme.


Presque de la "pure" xénophobie.
10 h 08, le 23 juillet 2015