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Liban

En Jean Harb, le Liban perd un serviteur du dialogue et du vivre-ensemble

disparition
M. H. G. | OLJ
16/07/2015

Il faisait partie de ces hommes qui dédient leur vie à certains objectifs nobles dans la discrétion la plus totale, loin du feu des projecteurs, sans rechercher les paillettes et les trompettes de la renommée.
Jean Harb, que le Liban a perdu hier des suites d'une longue maladie, avait fait du dialogue et du vivre-ensemble sa quête du Graal, dans un pays ravagé par le pouvoir de nuisance des quatre cavaliers locaux de l'Apocalypse que sont la démagogie populiste, la discorde sectaire, la haine et la violence.

Ce véritable soldat inconnu de la réconciliation interlibanaise dans l'après-guerre avait fondé, en 1993, le Congrès permanent pour le dialogue, aux côtés de Samir Frangié, Hani Fahs ainsi que d'un grand nombre de militants de la société civile résolus à retisser les liens sociocommunautaires et sociopolitiques détruits par la guerre fratricide.
Loin des identités meurtrières, Jean Harb se trouvait aux avant-postes sur tous les fronts du dialogue, sans se soucier des étiquetages communautaires, du narcissisme des petites différences et de la hantise de créer des périmètres sectaires comme moyen de s'affirmer.
Membre fondateur de la Fondation Mohammad Mahdi Chamseddine pour le dialogue et membre du conseil d'administration de cette dernière, Jean Harb avait surtout été, avec Samir Frangié, Farès Souhaid et Michel el-Khoury, l'un des artisans de l'ombre de la réconciliation historique de la Montagne, en août 2001, entre Walid Joumblatt et le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir.

En dépit de la progression de la maladie, Jean Harb, fortement diminué, avait contribué ces derniers mois à créer le Congrès permanent pour la paix au Liban, toujours aux côtés de Samir Frangié. Il est également membre fondateur du tout nouveau Conseil national des indépendants du 14 Mars.
Jean Harb s'en est allé au moment où le Liban a plus que jamais besoin de personnalités de bonne volonté disposées à le servir humblement, comme lui, pour que l'idée du « Liban-message » de Jean-Paul II et de l'État civil triomphe sur les extrémismes de toutes sortes.
Son parcours reste un exemple de tout ce qu'un vrai serviteur d'État, au sens large du terme, peut donner sans rien rechercher en contrepartie comme gloriole illusoire et inutile.
Un modèle plus que jamais à suivre.

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