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Hommages au professeur Gédéon Mohasseb

Le professeur Gédéon Mohasseb vient de nous quitter après une vie bien remplie. Mon témoignage se veut un rappel de quelques points culminants de cette vie vécue avec lui au cours de trois décennies de collaboration à l'Hôtel-Dieu et à la faculté de médecine de l'USJ.
Le professeur Mohasseb fut un des géants de la neurochirurgie au Liban. Il introduisit cette spécialité à l'Hôtel-Dieu, faisant d'elle une discipline de pointe, au service de malades lourds. Cette discipline ingrate, jadis boudée par les jeunes diplômés, devint attrayante pour les meilleurs de promotion, avides à s'engager dans le long parcours qui mène à maîtriser l'art de cette difficile spécialité. Le résultat fut la résurgence dans le pays d'une école de jeunes neurochirurgiens pratiquant, avec brio, les différentes sous-spécialités issues de cette discipline. D'autres jeunes inspirés par l'exemple du Pr Mohasseb partirent se spécialiser en France, au Canada et aux États-Unis faisant honneur à leurs facultés d'origine. Cette mission éducative était chère à notre grand disparu, qui répétait avec moi la devise d'un grand chirurgien français, Jean-Louis Faure : « Nul maître ne mérite son nom que si de son vivant il est dépassé par ses élèves. »
Le second point fort du Pr Mohasseb était son étroite participation aux soins des milliers de blessés de la guerre libanaise à l'Hôtel-Dieu, au prix de déplacements non démunis de danger.
Le troisième point était l'établissement de relations étroites avec le centre d'excellence en neurochirurgie de l'AUH dirigé par le Dr Fouad Haddad. Il a su, en effet, transcender une habituelle concurrence en une intime et profonde collaboration bénéfique aux patients et aux jeunes en formation. Également lors de son mandat de doyen à l'Usek, il a su maintenir des relations étroites et fructueuses avec sa faculté-mère.
Un grand chirurgien du siècle dernier, le Dr Yervant Jidejian, avait coutume de répéter, en anglais, que le succès d'un chirurgien dépendait de son acquisition des trois A : Ability, Amability et Availability, c'est-à-dire en français : habileté, humanité et disponibilité. Le Pr Mohasseb possédait ces trois qualités qu'il mit en œuvre, à l'ombre d'une épouse exceptionnelle pour ses qualités intellectuelles et humaines, et des enfants, affectueux, brillants dans divers domaines et fidèles à l'exemple paternel.

Professeur Antoine GHOSSAIN
Ancien doyen de la faculté de médecine de l'USJ

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Neurochirurgien de renom, Gédéon Mohasseb faisait partie de ces géants qui ont fait l'âge d'or de la faculté française de médecine qui, depuis 132 ans, dispense un savoir médical de taille dans notre pays. Il a incontestablement marqué des générations entières de médecins.
Pour le jeune étudiant que j'étais, ses cours étaient mémorables, donnés dans une langue juste, sans la stérile pensée « powerpoint » qui inonde désormais nos cours actuels. Un de ses enseignements mémorables portait sur le traumatisme crânien. Entre commotion, hématome et autres anévrismes, on sortait éberlués d'avoir si bien compris cette science difficile qui est celle du cerveau.
Dans une de ses dernières interventions sur l'histoire des spécialités médicales au Liban, événement organisé annuellement par l'Association des anciens de la faculté de médecine, il a subjugué son assistance en parlant de l'histoire de son métier, lui qui en a été un de ses piliers.
Il me prêtait sa confiance pour certains de ses malades. Et que de fois ses patients retrouvaient en lui le fin psychologue qui savait, tel le médecin du village, trouver tantôt le mot juste, tantôt la phrase qui apaise et toujours le geste qui guérit.
Étrange, maître, que vous ayez disparu l'année où notre université fête ses 140 ans d'existence. Il y a des années où les événements se suivent avec des notes joyeuses et d'autres malheureuses. Certaines de ces notes resteront marquées à jamais dans notre mémoire.

Dr Sami RICHA

Le professeur Gédéon Mohasseb vient de nous quitter après une vie bien remplie. Mon témoignage se veut un rappel de quelques points culminants de cette vie vécue avec lui au cours de trois décennies de collaboration à l'Hôtel-Dieu et à la faculté de médecine de l'USJ.Le professeur Mohasseb fut un des géants de la neurochirurgie au Liban. Il introduisit cette spécialité à l'Hôtel-Dieu, faisant d'elle une discipline de pointe, au service de malades lourds. Cette discipline ingrate, jadis boudée par les jeunes diplômés, devint attrayante pour les meilleurs de promotion, avides à s'engager dans le long parcours qui mène à maîtriser l'art de cette difficile spécialité. Le résultat fut la résurgence dans le pays d'une école de jeunes neurochirurgiens pratiquant, avec brio, les différentes sous-spécialités issues...