Le chef du Rassemblement démocratique, Walid Joumblatt, a rendu hommage hier au peuple grec, qui a massivement dit « non » au plan des créanciers européens, lors du référendum organisé dimanche.
Dans son éditorial hebdomadaire au site Internet du Parti socialiste progressiste (PSP) al-Anba', M. Joumblatt a estimé hier que « le peuple grec a enregistré une victoire importante à travers sa démocratie altière et sa position responsable, en imposant ses conditions pour sauver son économie fissurée, face aux conditions dures imposées par les États européens pour l'austérité et l'application des mesures financières difficiles stipulées par le plan de salut ».
« Indubitablement, l'unité et l'avenir de l'Europe sont sur la sellette avec ce vote historique, qui a été lié par certains leaders européens à la sortie de la Grèce de l'Union européenne dans le cas où elle refuserait les conditions qui lui ont été imposées », a indiqué le chef du PSP.
« Il pourrait être nécessaire de rediscuter ces conditions et de les amender, ce qui conduirait à préserver l'unité de l'Europe et à aider simultanément l'économie grecque à tenir bon », a-t-il ajouté.
« La démarche grecque est un pas important et qui n'a pas son pareil pour ce qui est de son influence sur la situation européenne dans son ensemble. Le jeune chef du gouvernement Alexis Tsipras a réussi à générer un changement qualitatif dans sa relation avec l'Europe et à préserver les droits nationaux à l'intérieur de son pays », a noté Walid Joumblatt.
« Reste la question suivante : où est le Tsipras du Liban, qui peut faire bouger la situation, à l'ombre du blocage institutionnel continu et de l'incapacité à prendre les décisions à même de résoudre les dossiers économiques et sociaux urgents? » s'est-il interrogé.
« Le chômage a atteint les 25 %, le déficit de la balance commerciale a dépassé les 20 milliards de dollars par an, et le service de la dette publique avoisine les 11 % du PIB. La dette publique a atteint des sommets record et avoisine les 70 milliards, ce qui correspond à 130 % du PIB », a déploré le chef du PSP.
Et de poursuivre : « Le Liban n'est pas la Grèce. Mis à part le fait que nous n'avons pas de Tsipras libanais, l'Europe n'est pas à nos frontières géographiques pour voler au secours de l'économie locale qui est au bord du précipice, à l'heure où le monde arabe s'effondre progressivement et où nos problèmes traditionnels font du surplace, comme les coupures de courant électrique, la corruption administrative, le piétinement aux plans industriel, agricole et touristique, et l'incapacité à profiter des prêts qui nous sont accordés en raison du blocage de la législation de nécessité. »
« Où donc mèneront-ils le Liban ? » s'est enfin demandé M. Joumblatt.
Liban
L’hommage de Joumblatt au peuple grec : « Où est le Tsipras du Liban ? »
OLJ / le 07 juillet 2015 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
La girouette est bien modeste de chercher un Tsipras libanais. Mais il est en toi, tu vois pas ?
21 h 28, le 07 juillet 2015