Réfugiés en Turquie, des habitants de Kobané ont commencé à repartir vers leur ville après que les forces kurdes en ont chassé l’État islamique. Bulent Kilic/AFP
Le groupe jihadiste État islamique (EI) a exécuté 3 027 personnes en Syrie, en majorité des civils, depuis la proclamation il y a un an de son « califat » en Syrie et en Irak, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Parmi les personnes exécutées figurent 1 787 civils, dont 74 enfants. Les membres de la tribu sunnite Chaitate représentent près de la moitié des civils tués. L'EI a tué 930 membres de ce clan à Deir ez-Zor, dans l'est de la Syrie, l'an dernier, après qu'ils se sont soulevés contre le groupe extrémiste, selon l'ONG. L'observatoire a également décompté 216 rebelles et combattants kurdes tués par l'EI, ainsi que 900 membres des forces du régime. L'EI a en outre exécuté 143 jihadistes de ses propres forces, accusés d'espionnage et capturés par le groupe alors qu'ils tentaient de fuir, affirme l'OSDH. L'EI a perdu au moins 8 000 de ses membres dans des combats et sous les bombes de la coalition internationale antijihadiste dirigée par les États-Unis, selon l'observatoire.
Ces informations apparaissent après que les forces kurdes ont chassé ce week-end de Kobané les jihadistes de l'EI. En lançant jeudi dernier un assaut surprise contre cette cité frontalière de la Turquie, les jihadistes s'étaient retranchés dans des immeubles et avaient pris en otage des dizaines de civils qui ont finalement réussi à fuir avec l'aide des forces kurdes, selon des militants et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les Unités de protection du peuple kurde (YPG), principale force kurde, les en ont chassés, a précisé l'OSDH. « Elles ont fait exploser un lycée, dernier endroit où les jihadistes s'étaient retranchés », a dit via Internet le militant Rudi Mohammad Amine en confirmant le contrôle « total » de Kobané par les forces kurdes. Ces dernières ratissent toujours la ville à la recherche de jihadistes qui y seraient cachés, a indiqué l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de militants. « On ne peut pas parler de défaite de l'EI au vrai sens du terme dans la mesure où ce groupe a réussi à exécuter son plan, qui consistait à commettre un massacre à Kobané », selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Pendant son assaut dans la ville et ses alentours jeudi et vendredi, l'EI a tué 206 civils, un bilan révisé à la hausse par l'OSDH qui a fait état de la découverte de nouveaux cadavres samedi. La plupart ont été abattus par balles, a précisé M. Abdel Rahmane. Au moins 300 autres personnes ont été blessées. Pour l'OSDH, il s'agit de l'un des « pires massacres » de l'EI en Syrie, où le groupe jihadiste accusé de crimes contre l'humanité a consolidé son emprise sur de vastes régions malgré les raids aériens de la coalition internationale menée par les États-Unis.
Par ailleurs, un obus de mortier a tué trois personnes et en a blessé 12 autres hier sur un marché du nord-est de Damas, rapporte la télévision publique syrienne. Le tir a visé un marché du quartier de Saroudjah, précise la télévision qui dénonce une « attaque terroriste ».
(Sources : agences)

