Le kamikaze de l’EI, Fahd Souleimane Abdel Mohsen al-Qabaa, était saoudien. Photo AFP
Un kamikaze saoudien a commis l'attentat antichiite revendiqué par le groupe État islamique (EI), qui a fait 26 morts et 227 blessés dans une mosquée au Koweït, ont affirmé hier les autorités koweïtiennes en annonçant deux nouvelles arrestations.
Le ministère de l'Intérieur a identifié l'assaillant de la mosquée al-imam al-Sadeq lors de la prière hebdomadaire du vendredi comme étant Fahd Souleimane Abdel Mohsen al-Qabaa, né en 1992. Le jihadiste est entré dans le pays via l'aéroport de Koweït tôt vendredi, a indiqué le ministère sans fournir d'autres précisions. Une photographie du kamikaze présumé, publiée par le quotidien al-Qabas, montre un jeune homme barbu et coiffé d'un traditionnel keffieh.
L'EI avait rapidement endossé la responsabilité de l'opération, la première menée par l'EI au Koweït. À une semaine d'intervalle, les 22 et 29 mai, l'EI avait déjà revendiqué deux attentats qui avaient fait respectivement 21 et quatre morts dans des mosquées chiites de l'est de l'Arabie saoudite. Selon des experts, l'organisation jihadiste cherche à semer la discorde entre les majorités sunnites et les minorités chiites dans la péninsule Arabique.
La police koweïtienne a également arrêté le chauffeur de la voiture ayant conduit le kamikaze à la mosquée. Les autorités ont, en outre, appréhendé le propriétaire de la maison où ce chauffeur se cachait, a ajouté le ministère de l'Intérieur, précisant que le propriétaire, un Koweïtien, faisait la promotion d'une « idéologie fondamentaliste ». Le chauffeur, lui, a été présenté comme un « résident illégal » né en 1989 et appelé Abdulrahman Sabah Eidan Saoud. Il « se cachait dans une maison du district d'al-Rigga, dans le gouvernorat d'al-Ahmadi, au sud de Koweït City », a ajouté le ministère.
« Unis »
L'expression « résident illégal » est généralement utilisée par les autorités koweïtiennes pour qualifier les apatrides, appelés « bidoun », qui représentent une population d'environ 110 000 personnes réclamant la nationalité koweïtienne.
Le ministre koweïtien du Pétrole Ali al-Omair a indiqué que le gouvernement allait examiner dès aujourd'hui une nouvelle législation antiterroriste. De nombreux élus se sont dit en faveur d'une telle loi. « Si nous avons besoin d'une nouvelle législation pour frapper les éléments diaboliques et terroristes, nous y sommes prêts », a notamment déclaré un député chiite, Abdelhamid Dashti. De son côté, l'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, a ordonné de réparer la mosquée endommagée par l'attaque.
En dépit d'une chaleur écrasante, des milliers de personnes ont assisté samedi aux funérailles de 18 des 26 personnes tuées la veille. Hier, les corps des huit autres victimes ont été enterrés à Najaf, en Irak, au cimetière chiite de Wadi al-Salam, a indiqué le vice-président du conseil provincial de cette ville sainte chiite, Louay al-Yassiri. La mobilisation de la foule lors des funérailles samedi est « la preuve que les objectifs de l'acte criminel ont échoué », a déclaré le président du Parlement koweïtien, Marzouk al-Ghanem.
Abdulfatah al-Mutawwia, un Koweïtien qui a perdu son frère dans l'attentat, a déclaré en Irak : « Nous voulons dire à Daech (acronyme de l'EI en arabe) que nous sommes des frères unis entre sunnites et chiites, et qu'ils ne peuvent pas nous diviser. »
Des organisations politiques et religieuses sunnites au Koweït ont très vite condamné l'attentat de l'EI.
(Source : AFP)

