L'Afrique du Sud, blâmée pour avoir reçu mi-juin le président soudanais Omar el-Béchir (poursuivi pour génocide), envisage de quitter la Cour pénale internationale (CPI), souvent critiquée pour ne viser que des responsables africains. Soucieux néanmoins de ne pas laisser impunis les criminels du continent, Pretoria a assuré que des négociations allaient débuter immédiatement pour renforcer les mécanismes africains de justice internationale.
À l'issue du Conseil des ministres, Jeff Rabede, le ministre à la Présidence, a rappelé qu'un État avait parfaitement le droit de se retirer de la CPI, à condition de le notifier par écrit au moins un an à l'avance au secrétaire général de l'Onu. « Cette décision ne sera prise que lorsque toutes les options disponibles au terme du traité de Rome (fondateur de la CPI) auront été épuisées », a-t-il dit. Jeff Rabede a toutefois laissé entendre que la rupture était consommée et que le retrait de l'Afrique du Sud n'était peut-être qu'une question de temps. Il a en effet annoncé « l'ouverture de négociations immédiates avec l'Union africaine et ses États membres pour voir comment les mécanismes africains de résolution des conflits peuvent être mis en œuvre, sans délai, pour assurer que les crimes les plus graves ne restent pas impunis ». L'Afrique du Sud veut notamment accélérer la réforme de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, basée à Arusha, en Tanzanie, mais qui manque de moyens.
Revenant sur le cas de Omar el-Béchir, présent en Afrique du Sud pour le sommet de l'Union africaine (UA) les 14 et 15 juin, Jeff Radebe a estimé que son pays aurait violé ses engagements auprès de l'UA en arrêtant le président soudanais. Même si le gouvernement est aujourd'hui accusé par ses détracteurs d'avoir sciemment renié ses engagements internationaux et violé la Constitution.
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - Afrique Du Sud
Pretoria prêt à rompre avec la CPI
OLJ / le 26 juin 2015 à 00h00

