Comment réagir face à cette éprouvante fatalité ?
Comment réaliser que ce merveilleux sourire n'animera plus nos réunions et nos délibérations ?
Comment perdre un soutien professionnel aussi solide, accommodé d'une attrayante espièglerie et d'un regard incisif qui ravivaient nos débats et les enrichissaient ?
Comment pallier à la perte de ses très larges connaissances, dans le sens le plus noble du terme ?
Elle qui vivait l'actuel et se projetait dans le futur, sans un regard vers le passé, l'usité, le déjà-vu ou le ressenti, en permanence dans l'urgence du nouveau, de l'inaccoutumé, du surprenant, de l'audacieux et de l'inédit.
Nous voilà secoués, ébranlés et amputés d'un membre essentiel à la réalisation de nos rêves communs, suite à son départ si prématuré et à ce silence incompréhensif qui s'ensuit.
Mais nous garderons en tête, bien haut, le souvenir de Maria, et nous continuerons avec détermination notre mission promotrice de l'art, au service du patrimoine artistique, sans but lucratif, mais par l'unique don de soi.
Que son regard pertinent et avant-gardiste nous accompagne comme prévu dans cette quête du beau qu'elle affectionnait particulièrement, et qu'il continue à nous propulser, confiants, dans les multiples projets et défis à venir.
À sa famille qu'elle chérissait tant, nous présentons nos condoléances les plus émues et la prions de bien vouloir croire que son âme sera toujours parmi nous.
Apeal
(Association pour la promotion et l'exposition des arts libanais)
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De la femme et de la mère, je connaissais bien mieux la deuxième, même si la première transparaissait, tellement attachante, en filigrane... Je retiendrais d'elle une élégance à part, un goût éclectique, une fragilité certaine et tellement émouvante qu'elle cachait sous une fraîcheur enfantine, derrière un rire qui surgissait comme ça, au milieu d'une question, histoire de noyer cette angoisse perpétuelle qui la taraudait. La course inexorable du temps, l'usure des choses, les coups possibles du destin et de la vie... En me parlant des prouesses d'Eddy, des exploits de Julian et de la beauté de Laetitia, son regard s'illuminait de fierté et de tendresse pour leurs promesses en devenir.
Vingt ans de fièvres et de toux partagées, ça crée des liens et tisse des souvenirs. Repose en paix Maria, et t'inquiète : oui, les rappels seront faits à temps et puis les rides, on s'en fout maintenant... Des cicatrices que laisse cette vie, c'est ton sourire qui restera, pour l'éternité.
Dr Noha BAZ

