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Culture - Concert

Livre d’or pour deux pianos

Un des derniers concerts de la saison organisé par le CNSM à l'amphithéâtre Aboukhater (USJ). Pour cela, Livre d'or pour deux pianos, avec deux interprètes : Armine Basmadjian et Kamila Keshishian.

Armine Basmadjian et Kamila Keshishian, deux pianistes au talent prometteur. Photo Marwan Assaf

Comme un grand livre dont on parcourt avec plaisir les pages et les lignes, ce concert d'Armine Basmadjian et Kamila Keshishian a offert aux pianophiles une belle occasion pour savourer des mélodies, des cadences et des inspirations de tous bords, époques et horizons. Un voyage sonore en Europe, mais avec des accents qui viennent aussi bien de la Russie profonde que de l'Amérique latine entre rythmes vifs, sémillants et langueur d'un tango. Ont résonné devant une salle comble des partitions de Mozart, Schubert, Brahms, Debussy, Stravinsky et Milhaud. Joli panaché pour des œuvres données avec doigté, sentiment et cœur. Sur deux pianos à queue placés nez à nez, mais aussi à quatre mains sur les touches d'ivoire d'un même clavier.

Entre ombre et lumière
Ouverture à deux pianos avec la Sonate en Ré majeur du génie de Salzbourg. Trois mouvements de W. A. Mozart équilibrant spontanéité, fraîcheur et fluidité. Et un grain de mélancolie, nuage sans conséquence, sur fond de chromatisme perlé.
Entre ombre et lumière, sourire et larme, dans le sillage d'un onirisme dompté, la Fantaisie op 103 de Frantz Schubert pour piano à quatre mains. Sur des accords véhéments, des motifs graves, méditatifs et récurrents, une « fantaisie » empreinte d'une énergie bondissante avec quelques moments d'abandon.
Certainement romantique que ce chapelet de petites Valses op 39 de Johan Brahms (deux pianos correspondant en toute confiance et toute confidence) qui joignent à sa narration vaguement salonnarde un air non vaporeux et tendre, mais des embardées brillantes parfaitement à la hongroise. Tout comme ses rhapsodies...
Piano à quatre mains avec Claude Debussy. La Petite suite, comme une aquarelle transparente ou une estampe au ton pastel, en des traits presque délicats et tracés au crayon fin, dessine des paysages variés et escarpés entre « canotage », « cortège », « menuet » et « ballet ». Un savoureux mélange d'un mélodiste qui sait tirer les notes par le bout du nez...
Surprise dès le premier accord avec deux pianos au ton vif et déterminé. Voué à la sensualité, à l'union des corps, en pas de feu, chaloupé, électrisé et savamment entortillé, très à la russe est cet imprévisible Tango sous la férule de Stravinsky.
Pour conclure, une suite pour deux pianos : Scaramouche de Darius Milhaud. Ami de Claudel, Gide, Auric et Honegger, Milhaud est le père d'une musique intense qui a marqué le XXe siècle. Polyrythmie et polytonalité sont son apanage et on les retrouve dans ce dialogue à fleurets mouchetés dédié à un personnage de roman, condottiere cabotin flirtant avec l'aventure, la mort et les jolies femmes. À cette image festive et légère de la vie Milhaud offre des notes éruptives, enflammées, notamment ce samba brésilien déchaîné, endiablé, débridé.
En bis, sous l'insistance du public pour prolonger le bonheur des instants écoulés, a flotté, entre nostalgie, douceur et un certain lyrisme éminemment arménien, une suave mélodie de Babadjanian.
Salve d'applaudissements d'une salle remplie jusqu'au dernier siège, religieusement recueillie et sous le charme des deux jeunes musiciennes au talent plus que prometteur.

Comme un grand livre dont on parcourt avec plaisir les pages et les lignes, ce concert d'Armine Basmadjian et Kamila Keshishian a offert aux pianophiles une belle occasion pour savourer des mélodies, des cadences et des inspirations de tous bords, époques et horizons. Un voyage sonore en Europe, mais avec des accents qui viennent aussi bien de la Russie profonde que de l'Amérique latine entre rythmes vifs, sémillants et langueur d'un tango. Ont résonné devant une salle comble des partitions de Mozart, Schubert, Brahms, Debussy, Stravinsky et Milhaud. Joli panaché pour des œuvres données avec doigté, sentiment et cœur. Sur deux pianos à queue placés nez à nez, mais aussi à quatre mains sur les touches d'ivoire d'un même clavier.
Entre ombre et lumièreOuverture à deux pianos avec la Sonate en Ré majeur du génie de...
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