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Liban - L’Éclairage

Le Conseil des ministres reprendrait son activité la semaine prochaine

S'il faut en croire des sources ministérielles, le Premier ministre Tammam Salam convoquera le Conseil des ministres à se réunir la semaine prochaine, même si la séance ne déboucherait sur aucune décision et se limiterait à de simples concertations. Ces sources estiment qu'il est inacceptable que l'action du cabinet soit paralysée durant tout le mois de ramadan parce que le Hezbollah souhaite faire une fleur au chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun, même si le prétexte invoqué par le parti chiite reste de décrisper la tension pour éviter l'implosion du cabinet à l'étape actuelle. Nombre de ministres soulignent qu'il existe plusieurs échéances et dossiers importants pour les citoyens et auxquels il convient d'assurer un suivi, notamment des dons internationaux au Liban, qui attendent encore l'approbation du gouvernement. Faute de quoi, ces dons échoueront entre les mains d'autres États, comme l'a indiqué l'ambassadeur de France Patrice Paoli au ministre de l'Éducation Élias Bou Saab, concernant un don d'une valeur de 49 millions d'euros pour la construction d'écoles.
Un ministre du 14 Mars, qui a rencontré Tammam Salam avant que ce dernier ne parte en vacances durant le week-end, affirme que le Premier ministre est très attaché à la solidarité interministérielle et souhaite éviter les faux pas, dans la mesure où il est peu friand des défis et des provocations. C'est dans le calme et avec sagesse qu'il entend régler le problème, compte tenu de l'importance de l'enjeu : le gouvernement est la dernière institution qui fonctionne encore dans le pays, et sa dislocation serait par conséquent particulièrement grave à tous les niveaux.
Les ministres sont partagés entre deux camps. Le premier de ces camps souhaite que le Premier ministre convoque le Conseil des ministres pour empêcher le blocage, et suive le mécanisme constitutionnel requis, de sorte que les questions soulevées soient adoptées, rejetées ou reportées pour davantage de concertations. C'est ainsi que le dossier des nominations devrait être traité. Tammam Salam devrait proposer de débattre du problème. En cas de désaccord, l'examen du dossier serait aussitôt renvoyé à une séance ultérieure, et le Conseil des ministres poursuivrait l'étude des autres points à l'ordre du jour, sans plier devant la volonté de certaines parties de stopper toute discussion avant de débattre des nominations. Le second camp met en garde contre le danger d'une réunion sans un accord préalable sur les nominations sécuritaires, démarche qui aurait de graves retombées sur la situation du cabinet. Des sources aounistes mettent en effet en garde contre tout aventurisme à ce niveau. « Ne nous testez pas », souligne un député du bloc du Changement, d'autant que le CPL prévoit des mesures d'escalade dans la rue.
Le ministre de la Défense, Samir Mokbel, refuse cependant de céder à ce chantage concernant la nomination d'un successeur au commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, dont le mandat arrive à son terme le 23 septembre. En outre, deux postes seront vacants durant le mois d'août, celui du chef d'état-major et celui du directeur des services de renseignements de l'armée. M. Mokbel souligne qu'il mènera de vastes concertations avec tous les pôles politiques du pays pour parvenir à un accord sur ces nominations.
La surenchère aouniste coïncide avec le climat positif qui prévaut actuellement et qui augure d'un règlement des dossiers régionaux, à commencer par la crise syrienne. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, devrait se concerter avec ses homologues américain, John Kerry, et européens à Paris, pour évoquer les propositions de solutions à ce niveau.
Un ancien ministre évoque dans ce cadre le mécontentement du Vatican vis-à-vis des positions de certains leaders chrétiens, qui sont responsables du blocage de la présidentielle à travers le boycott des séances électorales. Le Vatican aurait du mal à comprendre comment les Libanais, et plus particulièrement les chrétiens, ont pu rater le cap de la libanisation de l'échéance présidentielle. Des sources de Bkerké refusent, elles, de faire assumer aux seuls chrétiens la responsabilité du torpillage de l'échéance. Une source diplomatique, plus réaliste, relie le conflit entre les leaders chrétiens à la crise régionale, chaque camp revendiquant la victoire pour soi. C'est pourquoi un déblocage intérieur requiert une entente extérieure, souligne cette source, et cette dernière n'est pas encore au point.
Le dossier présidentiel n'est toujours pas prioritaire, assure une personnalité économique, au terme de réunions avec des responsables européens et du Saint-Siège. Il faudra attendre d'abord le dénouement de la crise syrienne, qui monopolise l'attention des capitales étrangères à l'heure actuelle. Partant, la priorité est maintenant au maintien de la sécurité du Liban et du gouvernement Salam. C'est pourquoi aucune partie n'a intérêt à torpiller la stabilité et provoquer la chute du cabinet sous n'importe quel prétexte. D'autant que le Liban pourrait servir comme modèle pour la gestion des crises dans la région. La chute de ce modèle pluraliste est donc interdite, et le nouveau président, une personnalité de consensus, aura pour fonction de redynamiser cette image plurielle de vivre-ensemble entre toutes les composantes communautaires sur des bases civiles, loin de la polarisation actuelle entre 14 et 8 Mars.

S'il faut en croire des sources ministérielles, le Premier ministre Tammam Salam convoquera le Conseil des ministres à se réunir la semaine prochaine, même si la séance ne déboucherait sur aucune décision et se limiterait à de simples concertations. Ces sources estiment qu'il est inacceptable que l'action du cabinet soit paralysée durant tout le mois de ramadan parce que le Hezbollah souhaite faire une fleur au chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun, même si le prétexte invoqué par le parti chiite reste de décrisper la tension pour éviter l'implosion du cabinet à l'étape actuelle. Nombre de ministres soulignent qu'il existe plusieurs échéances et dossiers importants pour les citoyens et auxquels il convient d'assurer un suivi, notamment des dons internationaux au Liban, qui attendent encore l'approbation du...
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