À peine centenaire, le sambo est un sport de combat très en vogue, qui a puisé chez ses aînés séculaires comme le judo, la lutte ou même la savate, pour devenir une discipline spectaculaire programmée aux Jeux européens à Bakou. L'Azerbaïdjan a choisi de mettre à l'honneur le sambo, une discipline certes non olympique mais dont il est très friand. Ce pays de neuf millions d'habitants en compte plus de 5 000 pratiquants.
« Ça devient de plus en plus populaire. Beaucoup d'enfants s'y intéressent, motivés par nos champions. C'est enseigné dans des écoles de sport et c'est très répandu dans les écoles militaires », souligne le directeur technique national azerbaïdjanais, Yaqub Abdullayev.
Le sambo, un acronyme qui signifie « autodéfense sans armes », a vu le jour dans les années 1920 en Union soviétique sous l'impulsion de deux militaires. L'Armée rouge s'en est emparée, mais le sambo sportif a continué à faire son chemin et les premiers championnats du monde ont eu lieu en 1973. Le sambo combine plusieurs arts martiaux, issus de différentes cultures dans le monde, comme le judo pour le Japon, la lutte gréco-romaine, le gulesh d'Azerbaïdjan, le trinte de Moldavie, la savate (boxe française), le shuai jiao de Chine ou encore le koch d'Arménie.
Aujourd'hui, il existe deux sortes de sambo : le sambo sport et le sambo combat, particulièrement violent avec ses techniques de pieds-poings. « En combat, vous pouvez utiliser vos mains, vos jambes et même votre tête. Vous pouvez empêcher quelqu'un de respirer. En sport, vous ne pouvez pas utiliser vos bras, vos jambes, votre tête pour blesser quelqu'un. Par principe, vous ne pouvez pas tuer quelqu'un », explique Yaqub Abdullayev.
Pour la seule journée dédiée au sambo, aujourd'hui, les spectateurs à Bakou ne verront que le sambo sportif.
« Pour moi, le sambo, c'est l'adrénaline, l'apesanteur et la force. C'est un sport où il y a beaucoup de mouvements, il y a du corps-à-corps, il faut être très fort physiquement et dans la tête, souligne la Française Sarah Loko, passée du judo au sambo. Il y a beaucoup de samboïstes purs et d'autres viennent de la lutte et du judo. Ils font la navette entre judo et sambo. » Sarah Loko préfère le sambo sportif. « Le sambo combat, c'est très violent. Il n'y a pas de compétitions internationales pour les filles, je pense qu'ils veulent préserver les femmes et que ça ne se développe pas de ce côté-là », estime-t-elle.
En France, le sambo est affilié à la Fédération de lutte et compte 2 500 licenciés. En Azerbaïdjan, seuls 10 % des samboïstes sont des filles.
Aujourd'hui, la Russie, dont son président Vladimir Poutine a été un pratiquant, devrait remporter la majorité des médailles.
Sabine COLPART/AFP
Sport - Jeux Européens
Le sambo, ou l’art spectaculaire du corps-à-corps
OLJ / le 22 juin 2015 à 00h00

