Le Prix Michel Zaccour a été décerné à l'ancien ministre Charles Rizk pour son ouvrage Le chaos libanais et le démantèlement syrien. Michel Zaccour était ministre sous le mandat du président Béchara el-Khoury dont il était l'un des principaux collaborateurs.
La cérémonie de remise du prix s'est déroulée lors d'une réception organisée en l'honneur de M. Rizk à la villa Audi, à Achrafieh. Plusieurs personnalités diplomatiques, politiques, sociales et académiques étaient présentes, notamment l'ambassadeur de Suisse, François Barras.
Dans une allocution, M. Makram Zaccour, représentant la Fondation Michel Zaccour, a rappelé l'action entreprise par M. Charles Rizk lorsqu'il était ministre de la Justice à la fin du mandat d'Émile Lahoud, en vue de la création du Tribunal spécial pour le Liban. « Charles Rizk revient aujourd'hui pour dessiner une réalité triste : l'éclatement confessionnel, marqué par le fait que chaque partie prête allégeance à une force étrangère, est un indicateur que le Liban a perdu les critères qui caractérisent un État », a souligné M. Zaccour.
Pour sa part, M. Rizk a dénoncé la régression du niveau politique au Liban et son éloignement de la voie tracée par Michel Zaccour et ses compagnons. « Cet héritage doit être préservé non pas pour honorer uniquement l'un des Libanais les plus prestigieux, mais afin de sauvegarder l'exemple politique et moral qu'il a représenté bien vivant dans nos cœurs afin que les nouvelles générations s'en inspirent », a-t-il déclaré.
M. Rizk a ensuite énuméré les causes sous-jacentes de la crise libanaise, notamment l'accord du Caire de 1969 en base duquel le Parlement libanais a concédé à l'unanimité, à l'exception de Raymond Eddé, une partie du territoire du Liban-Sud à l'Armée de libération de la Palestine afin qu'elle l'utilise comme base de tirs de roquettes Katioucha contre Israël. « Les parlementaires ont voulu croire que cette initiative allait libérer la Palestine, a souligné Charles Rizk. Les Libanais se sont divisés en deux camps, propalestinien et antipalestinien, puis la guerre civile a éclaté », a rappelé M. Rizk.
« Le plus grave dans cette guerre, c'est qu'elle a détruit notre système parlementaire ; or, ce système se base sur le partage des forces politiques entre une majorité qui gouverne et une minorité qui forme l'opposition, de manière à ce que ce dipôle soit fondé sur une base politique et non pas confessionnelle ». a ajouté M. Rizk.
Selon l'ancien ministre, ce dipôle a été remplacé par un rapport de force partagé entre trois partenaires sur une base confessionnelle : l'un chiite sous l'influence irano-syrienne, le deuxième sunnite sous l'égide de l'Arabie saoudite et le troisième chrétien, divisé en deux chacun sous l'étendard de l'une des deux composantes musulmanes. « C'est ainsi que nous avons perdu notre indépendance et que nous dépendons dorénavant des forces régionales qui nous dépassent », a-t-il dit. En conclusion, M. Rizk a affirmé qu'une sortie de crise au Liban est tributaire d'une détente irano-saoudienne.
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Le Prix Michel Zaccour décerné à Charles Rizk
OLJ / le 20 juin 2015 à 00h00

