Melhem Riachi à la tribune. Photos Sami Ayad
De nombreux responsables politiques, députés, journalistes et experts ont pris part hier à la première conférence sur les médias électroniques au Liban, organisée par les Forces libanaises, à l'hôtel Hilton-Sin el-Fil. À l'ouverture de la conférence, le responsable à l'information et à la communication des FL, Melhem Riachi, a résumé en trois points l'éthique des médias : « ouverture, objectivité, vérité ».
Si l'ouverture trouve son terrain de prédilection sur la Toile, tous les intervenants ont appelé à la régulation des médias électroniques. Le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, a jugé nécessaire de mettre en œuvre, au Liban, les recommandations de la conférence des ministres arabes de l'Information, tenue au Caire en mai dernier. Il a proposé à cette fin deux démarches concrètes : « le vote d'une loi globale sur les médias, avec un chapitre consacré aux médias électroniques », et, préalablement à cela, « la signature d'un protocole entre tous les sites électroniques, qui équivaut à une charte d'honneur ».
Il a signalé dans ce cadre qu'un « projet de charte a été récemment élaboré par Rabih Habre, à la suite de réunions entre le Conseil national de l'audiovisuel et des représentants de sites électroniques. Nous examinerons ce projet avant de le soumettre aux signatures des 300 sites électroniques déclarés ».
Le ministre de la Justice, Achraf Rifi, représenté par le juge Mohammad Saab, a lui aussi annoncé un projet à ce niveau : la formation d'une commission de juges, d'avocats, de journalistes et d'experts, qui définisse « un cadre de régulation » des médias électroniques au Liban, tout en restant « garant de la liberté d'expression et d'opinion ».
Ibrahim Kanaan, député aouniste du Metn, a souligné que l'information, quel qu'en soit le support, « a pour rôle premier de transmettre les faits, de manière non biaisée, au public ». Son collègue de Beyrouth, Jean Oghassabian (bloc du Futur), a mis l'accent sur les spécificités de l'information électronique. « Propice à l'interaction directe avec le public, elle répond au double impératif de la rapidité et de la diffusion large », a-t-il noté, déplorant la maigreur des financements de l'information électronique, en écart avec le rôle primordial des médias électroniques, « celui de convertir l'opinion en action », comme cela a été le cas lors du printemps arabe.
S'agissant de la dimension juridique, le député FL du Chouf Georges Adwan a souligné qu'un « nouveau genre d'information a vu le jour avec l'émergence de l'espace virtuel ». Mettant l'accent sur « l'infinie diversité des genres d'information sur la Toile, et leur imprévisibilité », il a déploré le retard du Liban en matière de législation par rapport aux autres pays du monde.

