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Moyen Orient et Monde - Egypte

Un massacre évité in extremis au temple de Karnak à Louxor

Plus de 600 visiteurs se trouvaient sur le site lorsque l'attaque a été déjouée.

Les restes de l'un des assaillants qui a déclenché sa ceinture d'explosifs près du temple de Karnak. Reuters

Un attentat-suicide qui aurait pu faire un massacre a été déjoué hier par la police au temple de Karnak à Louxor, la seconde attaque visant des touristes en Égypte depuis la destitution par l'armée en 2013 du président islamiste Mohammad Morsi.
Dans la matinée, trois hommes se sont présentés dans un taxi au poste de contrôle barrant l'accès au parking du temple de Karnak, l'un des sites les plus célèbres de l'Égypte pharaonique. « Un policier en civil, suspicieux, les a forcés à s'arrêter », a expliqué le ministère du Tourisme dans un communiqué. Les agents ont fait ouvrir le coffre et aperçu deux grands sacs qui les ont rendus méfiants, détaille un général de la police de Louxor. Lorsque la police a demandé d'ouvrir ces sacs, l'un des hommes s'est enfui et a déclenché sa veste bourrée d'explosifs. L'autre passager et un complice qui l'avait rejoint à pied ont ouvert les sacs et en ont sorti des fusils d'assaut, selon le général. Les policiers ont immédiatement ouvert le feu, tuant l'un et blessant grièvement l'autre à la tête. Le chauffeur du taxi a été mis hors de cause. Deux policiers et deux civils égyptiens ont été très légèrement blessés. Outre les deux fusils d'assaut, les policiers ont trouvé 19 chargeurs pleins dans les sacs. « S'ils avaient réussi à entrer dans le temple, cela aurait été un véritable massacre », a commenté le général.
Au moment de l'attaque, 604 visiteurs se trouvaient sur le site de Karnak selon la police. Dès l'explosion, les services de sécurité, très présents sur les sites touristiques en Égypte depuis une série d'attentats dans les années 1990, avaient consigné tous les touristes et visiteurs dans le temple, assurant leur sécurité.
Le président Abdel Fattah al-Sissi a en outre réclamé « un renforcement du dispositif de sécurité pour les installations vitales, notamment les sites archéologiques », selon un communiqué.

Changement de cibles ?
Depuis l'éviction en juillet 2013 de M. Morsi, de nombreux attentats visent les forces de sécurité, revendiqués par des groupes jihadistes qui disent agir en représailles à la sanglante répression frappant les partisans du président islamiste. Dans les semaines qui ont suivi son éviction, plus de 1 400 manifestants pro-Morsi ont ainsi été tués par des policiers et des soldats. Et depuis l'été 2013, plus de 40 000 personnes, selon Human Rights Watch (HRW), ont été arrêtées. Des centaines de pro-Morsi ont ensuite été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs. Jusqu'alors, les cibles des attentats jihadistes étaient exclusivement les forces de sécurité, en dehors d'un attentat-suicide ayant tué trois touristes sud-coréens et le chauffeur de leur bus en février 2014 dans le Sinaï.
L'immense majorité des attentats particulièrement meurtriers des derniers mois a eu lieu dans le nord de cette péninsule, bastion de la branche égyptienne du groupe jihadiste État islamique (EI), qui s'est récemment baptisée Province du Sinaï pour marquer son allégeance au « califat » autoproclamé par l'EI sur une partie de l'Irak et de la Syrie. Mais des bombes de faible puissance explosent aussi régulièrement au Caire ainsi que dans le Delta du Nil, visant quasi exclusivement les forces de sécurité.
L'attentat manqué de Karnak « révèle clairement un changement de stratégie dans le choix des cibles », analyse Mathieu Guidère, professeur de géopolitique arabe à l'Université de Toulouse. Les assaillants ont selon lui un triple objectif, « affaiblir l'économie égyptienne en détruisant le secteur touristique, impliquer les puissances occidentales (...) et donner le maximum d'impact médiatique et une résonance internationale là où des actions locales ont échoué à obtenir le même écho depuis des mois, malgré leur intensité ».

Un attentat-suicide qui aurait pu faire un massacre a été déjoué hier par la police au temple de Karnak à Louxor, la seconde attaque visant des touristes en Égypte depuis la destitution par l'armée en 2013 du président islamiste Mohammad Morsi.Dans la matinée, trois hommes se sont présentés dans un taxi au poste de contrôle barrant l'accès au parking du temple de Karnak, l'un des sites les plus célèbres de l'Égypte pharaonique. « Un policier en civil, suspicieux, les a forcés à s'arrêter », a expliqué le ministère du Tourisme dans un communiqué. Les agents ont fait ouvrir le coffre et aperçu deux grands sacs qui les ont rendus méfiants, détaille un général de la police de Louxor. Lorsque la police a demandé d'ouvrir ces sacs, l'un des hommes s'est enfui et a déclenché sa veste bourrée d'explosifs....
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