Le joueur des Warriors Draymond Green a beau contester, ce sont bien les Cavs qui sont sortis vainqueurs du duel. Jason Miller/Getty Images/AFP
Les Cavaliers ont assommé une nouvelle fois Golden State, et peut-être même la finale 2015, en remportant mardi le match n° 3 (96-91) grâce à leur star LeBron James et à l'inattendu Matthew Dellavedova. Cleveland n'est plus qu'à deux succès d'un exploit retentissant : décrocher le premier titre de son histoire et rendre de la fierté à une ville moquée à travers les États-Unis pour ses échecs répétés dans tous les championnats professionnels. Les coéquipiers de LeBron James mènent deux victoires à une et peuvent enfoncer le clou, dès aujourd'hui, en remportant le match n° 4, toujours devant leur public.
Les statistiques plaident aussi en faveur des Cavs : dans la chronique des finales NBA, le vainqueur du match n° 3 a remporté le titre dans 83,6 % des cas. Mais plus encore que par ses statistiques, Cleveland impressionne par sa capacité à asphyxier et rendre inefficace Golden State, la meilleure équipe de la saison régulière et meilleure attaque de NBA, méconnaissable depuis le début de cette finale.
Les Warriors ont compté jusqu'à vingt points de retard dans le 3e quart-temps (68-48). Ils ont certes relevé la tête dans la dernière période, à l'image de leur meneur Stephen Curry (27 points, dont 17 dans le 4e quart-temps), et sont revenus à un point (81-80), mais ils ont laissé trop d'énergie dans ce sursaut pour pouvoir prendre le dessus en fin de rencontre. LeBron James en est bien sûr grandement responsable : le double champion NBA a inscrit 40 points, capté douze rebonds et distillé huit passes décisives. Depuis le début de la finale, il a marqué un total de 123 points en trois matches, plus qu'aucun joueur dans l'histoire, que ce soit Michael Jordan, Magic Johnson ou Kobe Bryant.
Nous contre le reste du monde
« Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer à ce rythme là, mais je vais donner à cette équipe ce dont elle a besoin », a prévenu King James, revenu l'été dernier à Cleveland, l'équipe de ses débuts en NBA après quatre années à Miami. « On n'a encore rien gagné, mais cette victoire, la première à domicile en finale dans l'histoire de cette équipe, est un énorme motif de fierté. Il faut garder notre état d'esprit : c'est nous contre le reste du monde, personne ne croyait en nous », a-t-il insisté.
Mais le héros de la soirée est son coéquipier bien moins connu, Matthew Dellavedova. L'Australien, qui remplace au poste de meneur Kyrie Irving, blessé gravement au genou gauche lors du match n° 1, a inscrit 20 points et incarne la rage de vaincre des Cavaliers, que beaucoup donnaient perdants avant même le coup d'envoi de la finale. « Ce mec est en acier, il se jette sur tous les ballons, la tête la première s'il le faut, il donne tout ce qu'il a », a admiré James. Avec son marquage agressif, Delly a encore fait vivre une soirée difficile à Stephen Curry qui tourne à des moyennes bien modestes de 24 points et 39,7 % de réussite par match de finale. « Je dois être plus agressif et montrer l'exemple à mon équipe, retrouver cette énergie et cette joie dans mon basket, mais je reste confiant », a insisté Curry.
« On joue bien en défense, mais en attaque, ce n'est pas encore cela : ils ralentissent bien le jeu avec LeBron, mais je crois toujours mon équipe capable de mieux jouer que cela et de renverser la tendance », a analysé Steve Kerr, l'entraîneur de Golden State.
(Source : AFP)
LeBron James, royal !
La star de Cleveland a déjà l'un des plus beaux palmarès de l'histoire, mais King James est peut-être en train d'accomplir l'exploit le plus retentissant de sa carrière. Son club, pourtant privé de joueurs importants, fait des misères à Golden State.
Pour sa sixième participation à une finale NBA, la cinquième consécutive, James LeBron a déjà réussi l'impossible, ou presque. Ses Cavaliers mènent deux victoires à une et ont balayé l'idée, communément partagée depuis le forfait sur blessure de Kyrie Irving, que Golden State allait se promener jusqu'à son quatrième titre. King James a dominé les débats lors des trois premiers matches, reléguant Stephen Curry, le meilleur joueur de la saison, au rang de simple figurant. C'est bien simple, le double champion NBA est partout : il dégaine à un rythme sans précédent contre les Warriors. Ses moyennes depuis le début du duel contre Golden State sont hallucinantes : 41,5 points, 12 rebonds et 8,5 passes. Mais plus encore que ses statistiques monstrueuses, le n° 23 des Cavaliers impressionne par ses capacités à transcender son équipe. Depuis son retour l'été dernier à Cleveland, James se définit comme le leader de son équipe, celui qui guide par l'exemple ses coéquipiers comme son entraîneur David Blatt, nouveau venu dans ce championnat. Mais LBJ n'est pas une de ses stars de NBA à l'ego surdimensionné qui intimide ses coéquipiers ou les accable de reproches en cas d'actions ratées. À la veille du match n°1, King James a ainsi réuni dans un salon de leur luxueux hôtel de la baie de San Francisco ses coéquipiers qui découvrent pour la plupart l'atmosphère unique d'une finale NBA. « Je voulais juste qu'ils comprennent ce qui allait se passer, pas seulement pendant le match, je voulais qu'ils soient prêts, physiquement et mentalement », a-t-il expliqué. Et comme dans un séminaire de motivation d'une multinationale, il avait prévu quelques surprises : un buffet, de la musique, un coiffeur pour prendre soin des coupes et barbes souvent stylées, et, en cadeau pour chacun, une Apple Watch.

