Le ministre de la Justice déposant une couronne de fleurs devant la plaque à la mémoire des quatre juges assassinés à Saïda en 1999. Photo Hassan Assal
« Nous vous promettons que la marche vers la justice ne s'arrêtera pas », a promis le ministre de la Justice, Achraf Rifi, lors de la cérémonie qu'il parrainait hier à la salle des pas perdus du Palais de justice de Saïda, à l'occasion de la seizième commémoration de l'assassinat des quatre magistrats, Hassan Osman, Imad Chéhab, Walid Harmouche et Assem Bou Daher, abattus alors qu'ils siégeaient au tribunal du chef-lieu du Liban-Sud.
Devant les présents, dont le président du Conseil supérieur de la magistrature, Jean Fahed, le président du Conseil d'État, Chucri Sader, le président de la Cour de cassation, Jean Eid, la directrice générale du ministère de la Justice, Mayssam Noueiri, le président de l'Inspection centrale, Akram Baassiri, le représentant du bâtonnier de Beyrouth Georges Jreige, Nader Gaspard, le ministre de la Justice a déclaré : « Nous nous trouvons face à une bataille ouverte contre des hors-la loi ayant usurpé la qualité de défenseurs du Liban, alors qu'ils sont les premiers à avoir assassiné notre patrie en ayant raison de ses institutions. »
« La lutte contre les plans visant à instaurer le chaos ne faiblira pas. Nous ne permettrons à personne d'assassiner une seconde fois nos martyrs », a-t-il lancé. Évoquant les magistrats assassinés à Saïda en 1999, il a dit : « Votre souvenir douloureux impose de nous pencher avec sérieux sur la question cruciale de la sécurité des Palais de justice et de la protection des juges. Il est intolérable que les magistrats ne soient pas défendus contre les vendettas, les menaces et le terrorisme. » « Nous n'aurons pas de répit avant que les criminels soient punis », a-t-il conclu.
Le président Jean Fahed a également pris la parole, affirmant qu' « au Liban, la volonté d'assassiner la justice ne l'emportera jamais sur la volonté de faire régner le droit ». « La douleur s'apaise, non avec l'usure du temps, mais avec l'identification des coupables et leur comparution devant le tribunal pour qu'ils reçoivent leur châtiment », a-t-il dit.
La présidentielle d'abord
Accompagné de Jean Fahed, Akram Baassiri et Jean Eid, le ministre de la Justice s'est ensuite rendu à Majdelioun, au domicile de Bahia Hariri, députée de Saïda. À l'issue de la réunion, M. Rifi a évoqué dans une déclaration à la presse le dossier des nominations sécuritaires, estimant que l'élection présidentielle devrait avoir lieu d'abord. Et de préciser : « En cette phase de conflit militaire, le commandement de l'armée ne devrait changer que si des griefs importants étaient portés contre lui, ce qui n'est pas le cas. »
Par ailleurs, lors d'une cérémonie de remise du prix Ramzi Irani, organisée à la salle de bal de l'hôtel Phoenicia par le département des ingénieurs des Forces libanaises, sous le parrainage du chef des FL, Samir Geagea, M. Rifi a affirmé que Irani, militant FL, « avait été tué (en 2002) parce qu'il s'était dressé contre la tutelle syrienne ». « Nous n'oublierons ni Ramzi Irani ni aucun de nos martyrs, et nous tenons à connaître la vérité afin de faire prévaloir la justice », a-t-il dit. « En tant que ministre de la Justice, je vous annonce qu'en dépit de nombreux obstacles, je mettrai tous mes moyens en œuvre pour constituer des dossiers judiciaires sur les affaires du martyr Ramzi Irani et de chaque martyr national », a-t-il promis. Et d'ajouter : « Nous croyons que l'État ne peut être bâti sans justice. »
Le ministre devait une fois de plus à cette occasion évoquer la présidentielle. « Le vide à la présidence est un crime aux niveaux national et du vivre-ensemble, car le président de la République constitue la garantie et la protection de la Constitution », a-t-il souligné.
Signalons enfin que M. Rifi a reçu hier le président du Courant chiite libre, Mohammad Hajj Hassan, avec lequel il a évoqué le dossier des otages militaires.

