La chancelière Angela Merkel discutant avec le président Barack Obama, sur un banc, devant le château d’Elmau, en Allemagne, où se tient le sommet du G7. Photo AFP/Pool/Michael Kappeler
Les pays du G7 (États-Unis, Allemagne, Japon, France, Royaume-Uni, Italie et Canada) ont menacé hier de durcir les sanctions contre la Russie dans le conflit ukrainien et ont sonné la mobilisation sur le climat, à l'issue d'un sommet de deux jours en Allemagne. Hôte de la réunion au château d'Elmau, un hôtel de luxe au cœur des Alpes bavaroises, la chancelière allemande Angela Merkel a aussi souligné l'urgence à faire aboutir les négociations entre la Grèce, au bord du gouffre financier, et ses créanciers de l'Union européenne et du FMI.
Sur le délicat sujet du conflit séparatiste en Ukraine, les chefs d'État ou de gouvernement du G7 ont unanimement lié la durée des sanctions contre la Russie à « la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk » et au « respect de la souveraineté » de Kiev. « Ces sanctions pourront être levées dès lors que la Russie honorera ses engagements », ont-ils affirmé dans leur communiqué final. « Cependant, nous sommes également prêts à prendre d'autres mesures restrictives pour augmenter le coût pour la Russie si ses actions le rendent nécessaire », ont-ils averti.
Leur menace, à l'adresse de leur homologue russe Vladimir Poutine, exclu du forum depuis l'annexion de la Crimée l'an dernier, intervient en pleine recrudescence des violences en Ukraine. « Le conflit dans l'est de l'Ukraine ne peut avoir de solution que politique sur la base des accords de Minsk », a martelé Mme Merkel. M. Poutine « doit décider, a lancé le président américain Barack Obama, est-ce qu'il continue à mener son économie au naufrage et isoler la Russie (...) pour retrouver la gloire de l'empire soviétique ou est-ce qu'il reconnaît que la grandeur de la Russie ne repose pas sur la violation » du territoire d'autres pays ?
Unis contre le terrorisme
Ce conflit a largement éclipsé l'ordre du jour officiel du sommet, dont la dernière journée était consacrée hier aux discussions sur le climat et la lutte contre le terrorisme, en présence de six chefs d'État ou de gouvernement d'Afrique et du Moyen-Orient, dont le président nigérian Muhammadu Buhari, son homologue tunisien Beji Caïd Essebsi et le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi.
Ainsi, les dirigeants du G7, unis dans « la lutte contre le terrorisme », ont exprimé leur « solidarité » envers ces trois pays, touchés par le terrorisme. Ils ont affiché leur soutien à la coalition internationale dirigée par les États-Unis contre les jihadistes de l'organisation État islamique en Syrie et en Irak, et martelé leur « détermination à vaincre ce groupe terroriste et lutter contre la propagation de son idéologie de haine ». M. Obama a, lui, plaidé pour des efforts internationaux accrus afin de tarir le flot de jihadistes étrangers rejoignant la Syrie.
Très attendus quant à une impulsion sur les négociations concernant le climat, à six mois de la conférence cruciale de l'Onu en décembre à Paris, les pays du G7 ont jugé « nécessaire » de procéder à « une diminution importante des émissions mondiales de gaz à effet de serre » et à une décarbonisation de l'économie d'ici à la fin du siècle. Ils se sont prononcés en faveur d'un objectif mondial de réduction des émissions « dans le haut de la fourchette » de 40 % à 70 % d'ici à 2050 par rapport à 2010, et se sont engagés à assumer leur « part » pour « parvenir à une économie mondiale sobre en carbone à long terme ». M. Obama a ainsi salué des progrès vers un « accord solide » sur le climat à Paris. Le communiqué du G7, qui entrouvre la porte à la fin de l'ère des énergies fossiles, reflète des engagements « ambitieux et réalistes », s'est pour sa part félicité son homologue français François Hollande.
La Grèce, trouble-fête
Outre l'Ukraine, l'impasse dans les négociations entre la Grèce et ses créanciers pour renflouer ce pays a été l'autre trouble-fête de la rencontre d'Elmau. « On n'a plus beaucoup de temps et donc il faut travailler dur (...). Maintenant, chaque jour compte pour réaliser ce qui reste à faire », a affirmé Mme Merkel. Selon M. Obama, « les Grecs vont devoir faire des choix politiques difficiles », pour aboutir à un accord permettant de débloquer les 7,2 milliards d'euros d'aide financière dont Athènes a un besoin urgent pour éviter un défaut de paiement.
In fine, le G7 aura été marqué par les images d'entente et de décontraction entre les dirigeants. Une photo de Mme Merkel faisant face à M. Obama assis sur un banc a notamment fait le buzz et l'objet de nombreux détournements, hier, sur les réseaux sociaux. La veille, les deux dirigeants avaient célébré leur entente autour d'une bière et de bretzels au milieu de paysages bavarois pittoresques.
(Source : AFP)

