Le ministre de la Justice, Achraf Rifi, saluant successivement l’ambassadrice Angelina Eichhorst, le recteur de La Sagesse, Mgr Camille Moubarak, et le bâtonnier de Beyrouth, Georges Jreige, lors de la conférence de lancement du projet d’aide juridictionnelle, au siège de l’université. Photo Ani
L'Université La Sagesse a organisé hier une cérémonie de lancement du projet de soutien à l'aide juridictionnelle au Liban, financé par l'Union européenne. La cérémonie s'est tenue en présence du ministre de la Justice, Achraf Rifi, de la chef de la délégation de l'UE, l'ambassadrice Angelina Eichhorst, du procureur général, du juge Samir Hammoud, de la directrice générale du ministère de la Justice, de la juge Mayssam Noueiry, du bâtonnier de Beyrouth, Georges Jreige, du directeur de Caritas-Liban, père Paul Karam, du secrétaire de l'ordre des avocats du Nord, de l'ancien bâtonnier Michel Khoury, des doyens des facultés de La Sagesse impliqués dans le projet ainsi que de figures juridiques académiques et sociales.
Le recteur de L'Université La Sagesse, Mgr Camille Moubarak, a souligné que ce projet « s'inscrit dans une perspective d'incorporer à la justice stricte l'empathie » qu'incarne l'aide judiciaire, « en donnant à ceux qui ne sont pas en mesure de réclamer leurs droits la possibilité de le faire ».
Pour sa part, l'ambassadrice Angelina Eichhorst, a relevé que le projet « incarne les valeurs fondamentales de l'UE, à savoir l'accès à la justice et le droit à un procès équitable ». Elle a rappelé qu'à l'heure des « multiples crises anormales » que traverse le Liban, « le besoin est plus que jamais vital de redynamiser les institutions, en l'occurrence les institutions judiciaires ». Le projet de modernisation de l'aide juridictionnelle lancé hier doit aider éventuellement 10000 justiciables, et y faire participer environ 700 avocats, juristes, étudiants et membres d'ONG, de ministères, d'institutions judiciaires et de commissions parlementaires, a-t-elle indiqué.
Rifi
Le ministre de la Justice, Achraf Rifi, a ainsi évoqué les entraves à la mise en œuvre de l'aide juridictionnelle, que les recherches effectuées par l'Université La Sagesse ont détaillées. « La pratique défaillante de l'aide juridictionnelle n'est pas liée à une lacune dans les textes, même si ceux-ci nécessitent des amendements, mais à l'absence de ressources, voire aussi au manque d'une culture juridique de l'aide juridictionnelle chez ceux-là mêmes que cette aide est censée servir », a-t-il déclaré. Il a rappelé, à l'occasion, le chantier mené actuellement pour restructurer le ministère de la Justice et réorganiser le système judiciaire.

