Angela Merkel a promis à David Cameron « d’accompagner de façon constructive » le processus de réforme des institutions européennes tant souhaité par le Royaume-Uni. John MacDougall/AFP
La chancelière allemande Angela Merkel a jugé possible hier de modifier les traités de l'UE, malgré l'hostilité de nombreux pays membres, se disant ouverte aux propositions de son homologue britannique David Cameron pour réformer l'Europe. Angela Merkel a ainsi promis « d'accompagner de façon constructive » le processus de réforme des institutions européennes souhaité par le Royaume-Uni, s'affichant encore plus conciliante que Paris pour aider M. Cameron à maintenir son pays dans l'UE.
Le Premier ministre britannique, fraîchement réélu, a engagé son pays sur la voie d'un référendum à risque, d'ici à 2017, posant la question de son maintien dans l'UE. Sous la pression des eurosceptiques, il aspire à rapatrier certains pouvoirs au nom de la souveraineté du Parlement britannique et à durcir les conditions d'accès aux aides sociales pour les ressortissants européens, s'engageant à défendre le maintien dans l'Union s'il obtient des concessions suffisantes.
Après La Haye et Paris jeudi, puis Varsovie hier matin, M. Cameron a fait étape à Berlin, dans le cadre d'une tournée des capitales européennes pour défendre son plan. « Il y a clairement du côté allemand l'espoir que la Grande-Bretagne reste un membre de l'Union européenne », a déclaré Mme Merkel, lors d'une conférence de presse commune avec M. Cameron. Invitant à parler d'abord du fond des réformes souhaitées par Londres, avant de parler de ses implications institutionnelles, elle a déclaré : « Quand on est convaincu d'une idée, on ne peut pas dire "une modification de traités est absolument impossible". »
Ce souhait de modifications des traités fait figure de chiffon rouge dans plusieurs capitales, où l'on craint qu'elles soient impossibles à mettre en œuvre faute d'adhésion suffisante de la population. « Nous connaissons tous les difficultés de modifier les traités en Europe », a d'ailleurs reconnu la chancelière, qui a toujours plaidé en faveur de cette option pour faire progresser l'UE. « L'Union européenne a montré dans le passé que quand un des États membres avait un problème à régler, elle pouvait se montrer suffisamment flexible, et j'ai toute confiance qu'elle le montrera de nouveau », a affirmé M. Cameron.
L'Allemagne, puissance isolée ?
« Là où il y a une volonté, il y a un chemin », ont affirmé à tour de rôle la chancelière, puis le Premier ministre britannique. Mme Merkel a toutefois rappelé qu'il n'était pas question pour elle de toucher au principe de libre circulation des personnes dans l'UE, alors que M. Cameron aimerait restreindre l'immigration en provenance des pays membres. En revanche, elle a rappelé qu'elle était prête à discuter des moyens de limiter les aides sociales en faveur des étrangers européens, jugeant que c'était aussi dans l'intérêt de l'Allemagne.
Très hostile à une sortie du Royaume-Uni de l'UE, Berlin partage une proximité idéologique avec Londres, notamment en matière de libéralisme économique. L'Allemagne craint aussi de se retrouver isolée en tant que seul grand pays du Nord au sein d'une UE dominée par les pays du Sud.
Dans la matinée, en Pologne, l'accueil réservé au dirigeant britannique avait été plus mitigé. Avec près d'un million de ses citoyens travaillant au Royaume-Uni, Varsovie refuse toute éventualité d'une différence de traitement entre eux et les Britanniques.
(Source : AFP)

