Tunisie
Levée de boucliers contre un projet de loi sur les forces de sécurité
La société civile en Tunisie a dénoncé hier le caractère liberticide d'un projet de loi visant à protéger les forces de sécurité face à l'essor d'une mouvance jihadiste armée. Ce projet, approuvé en Conseil des ministres et transmis au Parlement début avril, peu après l'attaque sanglante contre le musée du Bardo, a été jugé « incompatible avec les standards internationaux des droits humains » par treize ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International. Le texte du gouvernement prévoit notamment de lourdes peines de prison pour toute personne se rendant coupable de divulgation « de secrets (relatifs) à la sûreté nationale » ou de « dénigrement » de l'armée ou de la police. Or, selon les 13 ONG, les formulations sont si vagues qu'elles accordent « aux autorités une grande latitude pour procéder à des arrestations pour des motifs injustifiés » et pourraient leur « permettre de poursuivre ceux qui dénoncent des actes répréhensibles du gouvernement ».
Égypte
L'Unesco se mobilise contre les destructions du patrimoine par l'EI
Des responsables de l'Unesco et de pays arabes réunis hier en Égypte ont appelé à lutter contre les « destructions sans précédent » de vestiges de l'Antiquité par le groupe État islamique (EI), qu'ils accusent notamment de s'adonner au trafic d'antiquités pour financer ses activités. Organisée par l'Égypte, la conférence réunit des ministres et responsables du patrimoine culturel de 11 pays arabes ainsi que des experts étrangers et de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). Elle se tient un mois après une nouvelle destruction de vestiges en Irak. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on voit les jihadistes de l'EI détruire à coups de bulldozers, de pioches et d'explosifs le site archéologique de Nimroud, joyau de l'empire assyrien fondé au XIIIe siècle.
Terrorisme
L'EI revendique une première attaque au Pakistan
Une première attaque revendiquée par l'organisation État islamique (EI) a fait 43 morts hier au Pakistan, des membres de la minorité chiite massacrés au cours d'une embuscade dans la mégalopole de Karachi. Au moins six hommes armés circulant à moto ont ouvert le feu sur un autobus transportant une soixantaine d'ismaéliens, un courant minoritaire de l'islam chiite, entre deux quartiers de Karachi. Après l'attaque, un survivant a réussi à conduire l'autobus rose, maculé de sang à l'intérieur comme à l'extérieur, jusqu'à un hôpital local où des proches des victimes se sont précipités pour retrouver des survivants parmi la dizaine de blessés, ou collecter des dépouilles mortelles.
Proche-Orient
Abbas annonce une initiative française pour la cause palestinienne
Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé à Tunis que les Français voulaient présenter au nom des Palestiniens une résolution au Conseil de sécurité de l'Onu, sans préciser le contenu de l'initiative française. Le président palestinien a en outre fait part de sa détermination « à unir nos terres et notre peuple et à continuer les efforts de réconciliation piétinés par le Hamas », le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza. Le Fateh du président Abbas et son rival, le mouvement Hamas, ont signé un accord de réconciliation au printemps 2014 qui devait marquer le retour de l'Autorité palestinienne à Gaza, après les combats fratricides de 2007 qui l'en ont évincé.
La coalition de Netanyahu fait de la paix avec les Palestiniens une priorité
La probable prochaine coalition gouvernementale israélienne fait de la paix avec les Palestiniens l'un de ses tout premiers objectifs, sans pour autant évoquer l'idée d'un État palestinien, selon le texte de ses futures grandes lignes directrices publié hier. « Le gouvernement s'emploiera à faire progresser le processus diplomatique et fera tout son possible pour parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens et avec tous (les) voisins (d'Israël), tout en préservant la sécurité et les intérêts historiques et nationaux d'Israël », selon un communiqué. Le Premier ministre de droite sortant Benjamin Netanyahu devrait soumettre son nouveau gouvernement à l'approbation du Parlement aujourd'hui ou lundi. M. Netanyahu dispose d'une précaire majorité parlementaire de 61 sièges sur 120, ce qui le met à la merci de la moindre défection.

