Mardi soir à l'Allianz Arena, Neymar a frappé deux fois... Deux buts qui ont permis à Barcelone de valider son billet pour la finale de la Ligue des champions (5-3 score cumulé) en dépit d'une victoire pour l'honneur (3-2) du Bayern Munich.
Porté par sa victoire lors du match aller (3-0), le Barça a assuré en première période du match retour son billet pour Berlin (le 6 juin) et maintenu le rêve d'un triplé (C1-Liga-Coupe du Roi). « C'est une grande performance que d'atteindre la finale. Je dois féliciter mes joueurs. Toute l'équipe l'a mérité et il faut apprécier un tel moment », a déclaré l'entraîneur Luis Enrique. Quant à son trident Messi-Suarez-Neymar, à l'origine des deux buts, Enrique a expliqué : « Ils ont d'énormes qualités, tout le monde le sait. Ils s'entendent bien et les occasions qu'ils créent sont excellentes. C'est difficile pour l'adversaire de les contrôler. »
Le miracle espéré par les Bavarois n'a pas eu lieu. Tout juste un gros espoir après l'ouverture du score par Benatia après sept minutes de jeu puis, plus léger, en seconde période face à un Barça passif. Limité dans ses choix en raison des blessés (Ribéry, Robben, Alaba...), Guardiola avait fait confiance au même onze qu'à l'aller pour chercher l'exploit. Idem pour Enrique, afin de conserver l'avantage de la première manche et valider le billet pour la finale.
Toutefois, le Barça reste toujours sans succès en cinq visites à Munich, mais Messi, même si son compteur est resté bloqué à 10 buts cette saison, a pris sa revanche sur l'humiliation de 2013 au même stade de la compétition (score cumulé 7-0). Pour la deuxième année de suite donc, la route s'est arrêtée en demi-finale pour le Bayern de Guardiola qui devra se contenter, cette fois, du titre national.
(Source : AFP)
Les résultats
Real Madrid-Juventus 1-1
(La Juve se hisse en finale où elle affrontera le Barça).
Le Bayern déjà tourné vers l'an III de Guardiola
Pep Guardiola est « très fier » de son groupe. Patrik Stollarz/AFP
Sorti de l'Europe avec les honneurs d'une victoire sur Barcelone, le Bayern Munich peut désormais préparer l'an III de Pep Guardiola, qui passera par un état des lieux dans le vestiaire et probablement une activité sur le marché des transferts.
« On va célébrer le Schale (trophée de champion), prendre des vacances, puis s'améliorer et mieux jouer la saison prochaine », a déclaré Guardiola après le succès de prestige sur Barcelone, qui a redoré un blason un peu terni après quatre revers toutes compétitions confondues. Le Catalan a répété encore combien il était « très fier » de son groupe, qui a tenu la baraque sans « jamais renoncer » lors d'une « année très difficile » marquée par pas moins de « dix opérations » de joueurs blessés.
Franz Beckenbauer voit plus loin. Le Kaiser estime que le géant bavarois doit absolument recruter, en pensant à l'avenir, pour apporter du sang neuf dans une équipe qui s'appuie actuellement sur des trentenaires émoussés par l'accumulation des compétitions et des pépins physiques. Dans le collimateur : Xabi Alonso (33 ans), Bastian Schweinsteiger (31 ans au 1er août), Philipp Lahm (31), Arjen Robben (31) et Franck Ribéry (32). « Il faut leur signifier qu'ils ne font plus partie du onze type », a asséné le président d'honneur du Rekormeister.
Si les quatre premiers ont l'excuse des efforts consentis au Mondial brésilien et peuvent encore rebondir, l'avenir du Français, absent au Brésil, apparaît beaucoup plus sombre. « Francky » n'a joué que 1 500 minutes toutes compétitions confondues cette saison et a disparu des écrans radars depuis une blessure à une cheville le 11 mars, qui s'éternise mystérieusement sans plus vraiment inquiéter. Dans les travers de l'Allianz Arena, il se murmure même que le courant passe moins bien avec le coach...
Guardiola a besoin de dribbleurs comme Robben et Ribéry, qui apportent un grain de folie sur les flancs d'une attaque où Thomas Müller (21 buts, 18 passes décisives toutes compétitions confondues) et Robert Lewandowski (24/12) ont répondu aux attentes, contrairement à Mario Götze. Le mois dernier, l'hebdomadaire Sport Bild faisait d'Antoine Griezmann une cible prioritaire, à moyen terme, d'un Bayern séduit par les qualités techniques et la polyvalence de l'international français de l'Atletico. Crésus européen, le Bayern, qui devrait engranger 60 millions d'euros pour son parcours européen, a les moyens de surprendre sur le mercato estival pour revivre le bonheur du triplé de 2013, juste avant l'arrivée de Guardiola en Bavière.
Reste à savoir si le patron Karl-Heinz Rummenigge exaucera encore tous les vœux de l'entraîneur, qui n'a pas encore prolongé au-delà de l'été 2016. « On doit toujours écouter l'entraîneur, mais on doit agir pour le Bayern. Le FC Bayern est plus grand qu'une seule personne », a prévenu le directeur sportif Matthias Sammer. À bon entendeur...
(Source : AFP)
Luis Enrique, des orages à l'embellie
Luis Enrique, alias « Lucho ». Dès sa première saison au Barça, l'entraîneur tutoie déjà un éblouissant triplé C1-Liga-Coupe comme Guardiola avant lui. Christof Stache/AFP
Cet hiver, les nuages s'amoncelaient pour Luis Enrique, mais l'entraîneur du FC Barcelone les a dissipés par sa gestion intelligente des stars barcelonaises, au point de tutoyer un éblouissant triplé Ligue des champions-Liga-Coupe du Roi dès sa première saison.
Pour le technicien asturien, l'année avait mal commencé. Le refroidissement de ses relations avec l'icône Lionel Messi, écarté du onze titulaire lors d'une défaite contre la Real Sociedad (1-0) en janvier, a dégénéré vers une crise interne, conclue par l'éviction du directeur sportif Andoni Zubizarreta. Enrique a reconnu être « fragilisé » par le départ de Zubi, l'un de ses soutiens, mais il a su s'adapter pour résister aux vents contraires.
Autoproclamé « leader » de son équipe en début de saison, l'entraîneur a progressivement renoncé à cette prétention pour ménager Messi, dont le rendement est à nouveau flamboyant. « Il s'est passé ce qu'il s'est passé, a commenté l'attaquant argentin. Aujourd'hui, notre relation est normale, comme avec tous mes partenaires. » Luis Enrique, alias Lucho, a aussi lâché du lest vis-à-vis de Neymar, plusieurs fois agacé d'être remplacé en cours de jeu : depuis un mois, le Brésilien ne quitte plus le terrain. Signe du calme revenu, « Lucho » a même été applaudi par ses joueurs à l'entraînement, vendredi dernier, pour son 45e anniversaire.
Enrique n'a pas révolutionné le style du Barça, dont les bases restent les mêmes que sous Pep Guardiola (2008-2012). Mais il a bien fait tourner son effectif et apporté de petites retouches tactiques, réinstaurant notamment un intense pressing à la perte du ballon. En outre, il a rendu le jeu catalan moins prévisible et plus pragmatique, en insistant sur les coups de pied arrêtés et les contre-attaques. Sur le bord du terrain, souvent en costume noir et baskets sombres, Lucho s'agite, harangue et fait passer ses consignes. Idole du Camp Nou quand il était joueur, le technicien y entend souvent des chants à son honneur, même s'il a pu aussi être conspué lorsque les choses allaient moins bien. Ses réponses franches, voire cassantes, ont pu surprendre en salle de presse.
Bref, par son caractère et son style très direct, Enrique tranche avec la bonhomie et les analyses à rallonge de son éphémère prédécesseur, l'Argentin Gerardo « Tata » Martino.
« Le mot triplé m'enchante », a récemment reconnu Lucho, qui peut faire aussi bien que Guardiola, lui aussi auteur d'une razzia C1-Liga-Coupe pour sa première saison au Barça en 2009. Pour cela, Barcelone n'a plus que trois rencontres à remporter : un match lors des deux dernières journées de Liga, puis la finale de la Coupe du Roi le 30 mai contre l'Athletic Bilbao, avant celle de la Ligue des champions le 6 juin. « Nous sommes à 90 minutes d'être champions dans les trois compétitions. Ce moment est agréable, mais tout reste à faire », a conclu Enrique, le moral au beau fixe après les orages.
(Source : AFP)

