Le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, a haussé le ton hier pour affirmer que le Liban ne peut plus endurer les conséquences de la présence massive des réfugiés syriens, exhortant le monde arabe et la communauté internationale à contribuer à faire face à la crise.
« Nous ne sommes pas un entrepôt pour réfugiés de guerre », a-t-il ainsi fortement martelé dans l'allocution qu'il a prononcée, hier, lors du congrès annuel de l'Université La Sagesse à Furn el-Chebback, sur le thème « Les réfugiés syriens et l'avenir du Liban : retombées et défis », en présence de Mgr Paul Matar, archevêque maronite de Beyrouth qui représentait le cardinal Béchara Raï.
« Notre dos s'est brisé d'avoir tant subi », a poursuivi le ministre des Affaires sociales, qui a exhorté les États arabes et occidentaux « à nous apporter l'aide nécessaire, d'autant plus que le rôle d'hôte que nous remplissons nous a été imposé ».
Relevant que l'immigration des Syriens nuit à l'infrastructure du Liban, terre et peuple, ainsi qu'à l'économie, à l'environnement et à l'éducation, le ministre des Affaires sociales s'est attardé sur la nouvelle configuration démographique du Liban, soulignant que désormais, « la moitié des habitants du pays sont des étrangers, ce qui constitue un précédent dans le monde et dans l'histoire ».
Saluant en outre les initiateurs du Congrès, le ministre Derbas a invité les universités, les institutions et les partis à assumer leurs responsabilités à travers ce qui devrait être « un chantier national », pour tenter de « crever l'abcès et faire face aux inondations en nos demeures ». Et le ministre de conclure : « Le Liban, parité géniale entre l'histoire et la géographie, est le point de rencontre des religions et des croyances. Serait-il sage de gaspiller ces éléments ? »
Liban - Régions
« Nous ne sommes pas un entrepôt pour réfugiés de guerre », martèle Derbas
OLJ / le 14 mai 2015 à 00h34

