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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

À Cuba, Hollande plaide pour la levée de l’embargo américain

En tournée pendant cinq jours dans les Caraïbes, le président français effectue une visite historique dans l'île communiste.

Le premier geste de François Hollande, hier matin, a été de remettre la Légion d’honneur au cardinal Jaime Ortega, qui a notamment joué un rôle de médiation pour favoriser la libération de prisonniers politiques en 2010. Puis, le président français a été à la rencontre de la population dans les rues de La Havane. Photos Adalberto Roque et Alain Jocard/AFP

Venu à Cuba pour défendre les intérêts français et européens, le président François Hollande a plaidé hier pour la levée de l'embargo économique américain qui pèse sur l'île communiste.
Premier chef d'État occidental à se rendre à Cuba depuis l'annonce du dégel entre l'île et les États-Unis, M. Hollande a estimé que son déplacement s'inscrivait « dans un contexte particulièrement important mais encore incertain », dans un discours à l'Université de La Havane. La France fera son possible pour contribuer à ce que « l'ouverture puisse être confirmée, que les mesures qui ont tant nui au développement de Cuba puissent être enfin annulées, supprimées », a-t-il ajouté, en désignant l'embargo américain qui pénalise l'économie de l'île depuis 1962. Le président français a également rappelé que chaque année depuis 1991, Paris votait en faveur de la résolution demandant la levée de cet embargo à l'Assemblée générale de l'Onu.
En tournée pendant cinq jours dans les Caraïbes, le président français devait rencontrer hier soir (tard dans la nuit à Beyrouth) son homologue Raul Castro, qui a succédé à son frère Fidel dès 2006. L'Élysée a par ailleurs dit sa « disponibilité » pour un entretien avec le père de la révolution cubaine, mais celui-ci n'a pas été confirmé par La Havane.

Les droits de l'homme au menu
« J'arrive ici à Cuba avec beaucoup d'émotion car c'est la première fois qu'un président de la République française vient à Cuba », avait déclaré M. Hollande à son arrivée dimanche soir. Avec cette visite, le président français réalise également un « coup » diplomatique, en devançant les autres chefs d'État occidentaux séduits par les perspectives d'ouverture à Cuba depuis l'annonce choc du dégel avec Washington.
Paris entend capitaliser sur des liens resserrés voilà un peu plus d'un an par une visite sur l'île de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Depuis, la France s'est positionnée en première ligne dans le rapprochement entre l'UE et La Havane, que les deux parties souhaitent voir se concrétiser d'ici à la fin de l'année.

L'Amérique latine dans le viseur
Au sujet des droits de l'homme, thème sur lequel le régime cubain est souvent ciblé, M. Hollande a indiqué qu'il serait « nécessairement évoqué ». Son premier geste hier matin a d'ailleurs été de remettre la Légion d'honneur au cardinal Jaime Ortega, qui a notamment joué un rôle de médiation pour favoriser la libération de prisonniers politiques en 2010.
Dixième partenaire économique de l'île, la France veut renforcer sa présence sur le marché cubain et ne pas laisser passer le train de l'ouverture économique à Cuba. De nombreux chefs d'entreprise accompagnent M. Hollande dans cette tournée, au sein d'une délégation comptant pas moins de sept ministres et secrétaires d'État. Quelques contrats doivent être signés, mais le président français a affirmé vouloir profiter de l'influence de Cuba sur le continent pour développer ses relations économiques avec l'Amérique latine.
Sur la voie de la normalisation de ses relations avec les États-Unis, mais aussi avec l'Europe, Cuba est également engagée dans une « actualisation » progressive de son économie héritée du modèle soviétique, qui est aujourd'hui à bout de souffle.
(Source : AFP)

Venu à Cuba pour défendre les intérêts français et européens, le président François Hollande a plaidé hier pour la levée de l'embargo économique américain qui pèse sur l'île communiste.Premier chef d'État occidental à se rendre à Cuba depuis l'annonce du dégel entre l'île et les États-Unis, M. Hollande a estimé que son déplacement s'inscrivait « dans un contexte particulièrement important mais encore incertain », dans un discours à l'Université de La Havane. La France fera son possible pour contribuer à ce que « l'ouverture puisse être confirmée, que les mesures qui ont tant nui au développement de Cuba puissent être enfin annulées, supprimées », a-t-il ajouté, en désignant l'embargo américain qui pénalise l'économie de l'île depuis 1962. Le président français a également rappelé que...
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