Carlos Tevez, alias « l’Apache », le joueur providentiel de la Juve. Marco Bertorello / AFP
De sa défense en granit à son Tevez volcanique en attaque, la Juventus Turin possède assez de ressources pour garder son avantage (2-1) lors du match retour contre le Real Madrid et atteindre la finale de la Ligue des champions.
« Berlin un peu plus près », écrivait la Gazzetta dello sport mercredi, en pensant au site de la finale de la C1 le 6 juin. Grâce à sa défense, la Vieille Dame a presque parfaitement contenu le Real. Son seul moment de sieste a été puni, quand Stephan Lichtsteiner et Leonardo Bonucci ont laissé une marge à Ronaldo pour l'égalisation. Sinon, la trame tissée par Massimiliano Allegri a fait merveille. L'arrière-garde à géométrie variable, à quatre puis à cinq, avec trois centraux, après le but du 2-1, a éteint Gareth Bale. En seconde période, quand les Madrilènes poussaient le plus pour égaliser une nouvelle fois, elle n'a quasiment rien concédé. « Nous avons très bien défendu », se félicite Allegri.
Quand « la Juve s'est refermée en défense, pour nous c'était encore plus difficile », reconnaît Carlo Ancelotti, qui a perdu la première manche d'échecs contre son collègue.
Pour rêver de Ligue des champions, malgré l'effectif le moins brillant des quatre demi-finalistes, la Juve compte encore et toujours sur Carlos Tevez, qui vit, de son propre aveu, « une de (ses) meilleures saisons ».
Meilleur joueur de l'année bianconera, il était entièrement libre de ses mouvements mardi, où on l'a vu décrocher beaucoup pour récupérer des ballons. Il a su exploiter au maximum ses bons ballons et est responsable des deux buts de son équipe. « L'Apache » tire la balle récupérée par Morata pour le premier et signe le second à 100 %, provoquant un penalty et le concrétisant. Au Real, seul Pepe a su un peu le contrarier et rivaliser sur le plan de l'agressivité.
L'Argentin vient d'égaler son record de buts en une saison en Europe (29) et a le temps de battre son record absolu, 31 buts avec les Corinthians.
Talents en éclosion
La Juve, déjà solide, devrait disposer d'une arme supplémentaire au stade Bernabeu mercredi prochain : son autre étoile, Paul Pogba, qui se remet d'une déchirure à une cuisse. « Il va de mieux en mieux, confie Allegri. Il est revenu dans le groupe et samedi, je voudrais lui faire jouer au moins un bout de match (contre Cagliari), parce qu'il est impensable de l'aligner à Madrid sans un peu de rodage. » La Juve ne risque plus rien en championnat d'Italie, puisqu'elle a conquis le scudetto la semaine dernière. Le punch du Français et sa capacité à accélérer le jeu permettront d'inquiéter un peu plus le Real, obligé de consacrer beaucoup d'attention à ses qualités de contre-attaquant.
Si son effectif n'est pas galactique, la Juve découvre encore maintenant, en fin de saison, des forces nouvelles sur son banc. Le méconnu Stefano Sturaro, qui n'avait que six minutes de Ligue des champions dans les jambes, a disputé un grand match contre les Merengues en milieu gauche. Surprise du onze de départ, Sturaro a mordu dans le match et fait valoir sa puissance physique, lui qui jouait au foot américain dans sa jeunesse. Il a contribué à la lente déstabilisation de Dani Carvajal, fautif sur le penalty vainqueur, à force de le dépasser pour amener le danger.
Avec Sturaro donc, Roberto Pereyra, qui réussit une saison épatante, ou encore le « Lion » Andrea Barzagli pour une défense à trois, la Juve a encore des cartes en main pour le match retour.
(Source : AFP)

