Walid Farès, professeur d'études moyen-orientales et analyste sur les questions de terrorisme, revient, dans un entretien à L'Orient-Le Jour, sur les origines de la crise multiforme dans laquelle se débat l'Irak. Pour Walid Farès, si la chute de Saddam Hussein était nécessaire et s'inscrivait dans le sens de l'histoire, l'administration Bush était tout de même en partie responsable de la situation d'instabilité qu'a connue l'Irak.
Selon lui, les deux erreurs coûteuses ont été le démantèlement de l'armée irakienne et l'absence de réflexion sur la reconstruction du pays. Il précise cependant que l'administration Obama est tout aussi responsable dans la mesure où le retrait de l'armée américaine a été mal préparé et qu'il s'est effectué selon les priorités de l'agenda électoral.
Selon M. Farès, « les Américains n'ont pas assuré la formation d'une coalition nationale qui intégrerait les éléments modérés sunnites, chiites, kurdes et les minorités. Le pouvoir a été transféré à un proche de l'Iran, il s'agit d'une troisième séquence de l'histoire après l'Irak de Saddam et l'Irak sous la présence américaine ».
Cependant, Walid Farès insiste sur le fait qu'il n'y avait pas de stratégie américaine consciente visant à affaiblir les Irakiens sunnites, il s'agit d'une erreur commise par l'administration Obama. « Cette situation a renforcé le sentiment de rébellion chez les sunnites et favorisé leur ralliement au projet politique de l'État islamique », précise-t-il. M. Farès estime que la solution à la crise irakienne doit être une solution régionale appuyée par un consensus national. Le professeur a témoigné, mercredi, devant le Congrès américain et proposé que les régions occupées par l'État islamique soient libérées par une coalition arabe avec à sa tête l'Égypte, la Jordanie et l'Arabie saoudite, et une armée exclusivement composée de sunnites. Ces forces opéreraient, sous mandat de l'Onu, et uniquement dans les zones sunnites pour venir à bout de Daech. « Intégrer des forces chiites reviendrait à préparer le terrain pour le néo-Daech. Il faut rétablir l'équilibre du pouvoir entre toutes les communautés » conclut-il.
Moyen Orient et Monde
Une responsabilité partagée entre Bush et Obama, selon Walid Farès
OLJ / le 01 mai 2015 à 00h54


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