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Moyen Orient et Monde - Coopération

Bruxelles propose un centre européen de lutte antiterroriste

La ministre de la Justice française, Christiane Taubira, inaugurant, lundi, les rencontres internationales des magistrats antiterroristes, à Paris. Lionel Bonaventure/AFP

La Commission européenne a présenté hier une stratégie pour mieux coordonner la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité en Europe, dont la principale mesure est la création d'un centre européen du contre-terrorisme, mais s'est gardée d'empiéter sur les prérogatives des États.
La principale mesure est la montée en puissance d'Europol, l'Office européen de police créé en 1995 pour faciliter les opérations de lutte contre la criminalité, avec la création en son sein d'un centre européen de lutte contre le terrorisme. Europol a déjà été doté début 2013 d'un centre de lutte contre la cybercriminalité, nommé EC3.
« Mais pas question de créer une nouvelle institution » ni de transformer Europol en un FBI européen, a prévenu Frans Timmermans, le premier vice-président de la Commission, dans un entretien avec l'AFP. Ce centre « vise à créer un espace de coopération entre les services », a-t-il insisté. « Il n'est pas question de changer le droit, ni les traités ni les compétences. »
La Commission se retrouve prise entre le marteau et l'enclume. Car le Parlement européen entend bien faire respecter les libertés civiles et les droits fondamentaux. L'exécutif européen s'est donc livré à un difficile exercice, alors que les menaces sont bien réelles : les attentats commis à Bruxelles, Paris puis Copenhague ont mis en évidence la menace représentée par les « combattants étrangers », ces musulmans européens radicalisés partis rejoindre les mouvements extrémistes, dont le groupe État islamique, et rentrés en Europe pour mener des actions terroristes. Trois priorités sont énoncées : prévenir le terrorisme et la radicalisation, combattre le crime organisé et lutter contre la cybercriminalité.

Colloque antiterroriste à Paris
Lundi, cent soixante-treize magistrats et acteurs de l'antiterrorisme mondial, venant de 34 pays, se sont retrouvés à Paris pour échanger analyses et cartes de visite. C'est la ministre de la Justice française, Christiane Taubira, qui a sollicité cette rencontre en février dernier à New York dans la foulée d'une intervention devant le comité contre le terrorisme des Nations unies après les attentats de janvier à Paris. « Le terrorisme déstabilise nos systèmes politiques et nous avons tous intérêt à intensifier la coopération internationale », a-t-elle expliqué en ouverture du colloque. « Lorsque les magistrats se connaissent, ont le visage de l'interlocuteur dans les yeux, ils n'hésitent pas à l'appeler directement, y compris la nuit puisqu'on est sur des fuseaux horaires différents, parce qu'une relation de confiance s'est nouée, et avec ça, on peut gagner des heures », a-t-elle lancé.
Ces rencontres internationales rassembleront des participants venant d'Europe, du Proche-Orient, d'Afrique et d'Amérique, ainsi que des représentants d'organismes internationaux en charge de la lutte antiterroriste comme Eurojust, Europol ou Interpol. Au menu des tables rondes qui se tiendront à huis clos : la cartographie de l'état de la menace terroriste, l'entraide judiciaire, l'autorité judiciaire face à la mondialisation de la menace, les stratégies de démantèlement des filières jihadistes, les nouveaux modes de financement du terrorisme, la place des forces armées dans la réponse judiciaire ou encore la prévention de la radicalisation en prison. Le colloque sera clôturé aujourd'hui par le Premier ministre français Manuel Valls.
(Source : AFP)

La Commission européenne a présenté hier une stratégie pour mieux coordonner la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité en Europe, dont la principale mesure est la création d'un centre européen du contre-terrorisme, mais s'est gardée d'empiéter sur les prérogatives des États.La principale mesure est la montée en puissance d'Europol, l'Office européen de police créé en 1995 pour faciliter les opérations de lutte contre la criminalité, avec la création en son sein d'un centre européen de lutte contre le terrorisme. Europol a déjà été doté début 2013 d'un centre de lutte contre la cybercriminalité, nommé EC3.« Mais pas question de créer une nouvelle institution » ni de transformer Europol en un FBI européen, a prévenu Frans Timmermans, le premier vice-président de la Commission, dans un entretien...
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