Un houthi dans la rue après que les frappes de la coalition arabe ont détruit sa maison à Sanaa. Mohammad Huwais/AFP
Le conflit au Yémen a suscité une nouvelle passe d'armes entre les deux puissances régionales, l'Arabie saoudite, chef de file de la coalition antihouthis, et l'Iran, principal soutien de ces rebelles.
Au lendemain d'une attaque au vitriol du chef des gardiens de la révolution iranienne, un autre haut responsable iranien a accusé hier Riyad d'avoir recours, au Yémen, à des tactiques dignes de « l'époque de la guerre froide ». Il faisait référence au largage par des avions saoudiens sur le territoire yéménite de tracts en arabe affirmant que la coalition soutenait « le peuple du Yémen contre l'expansion perse ». « Larguer ces tracts, qui racontent des mensonges, a pour but d'effrayer les Yéménites », a déclaré Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale. Lundi, le chef des gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien, avait accusé « l'Arabie saoudite traîtresse » de « marcher dans les pas d'Israël ». Et le général Mohammad Ali Jafari avait ajouté que « la dynastie saoudienne était au bord de la chute ».
De son côté, le secrétaire d'État américain John Kerry, qui a rencontré son homologue iranien Mohammad Javad Zarif lundi à New York, a estimé que Téhéran devait contribuer à une solution « puisque l'Iran est évidemment un soutien des houthis ».
Sur le terrain, les raids aériens et les combats n'ont pas baissé d'intensité entre partisans du président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi et leurs adversaires, les houthis, soutenus par Téhéran, et leurs alliés, des militaires restés fidèles à l'ex-chef de l'État Ali Abdallah Saleh. Les avions de la coalition ont notamment visé une base militaire à Sanaa et celle d'al-Anad, dans le Sud, toutes deux aux mains des rebelles. Ils ont aussi pris pour cibles des positions dans les provinces de Maareb, de Hodeida et de Taëz, selon des témoins.
64 morts dans des combats au sol
À Aden, deuxième ville du pays, des affrontements de rue se sont soldés par la mort de neuf rebelles, selon des sources proches de ces miliciens. Onze civils et combattants pro-Hadi ont aussi péri, a indiqué le responsable du secteur de la santé, al-Khader Lassouar. Dans la région de Lahj, 14 rebelles et 11 combattants pro-Hadi ont été tués dans une série d'accrochages pour le contrôle de la route côtière entre Aden et le détroit stratégique de Bab al-Mandeb, selon des sources militaires. Enfin, dans la région de Sarwah de la province de Maareb, il y a eu 19 tués, 17 houthis et deux combattants pro-Hadi, selon des sources provinciales, tribales et médicales. En tout, les combats ont fait 64 morts hier. En réaction, le porte-parole des rebelles, le général de brigade yéménite Sharaf Luqman, a accusé Riyad de « commettre des crimes de guerre et des massacres ». Il a affirmé que l'opération avait provoqué la mort de 200 personnes du côté des rebelles et de leurs alliés, dont 112 soldats, 43 policiers et 45 miliciens chiites.
Les violences dans le cadre de la crise qui sévit au Yémen ont causé la mort de 1 080 personnes et 4 352 autres ont été blessées, selon un bilan publié le 23 avril par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
(Source : AFP)

