Les caporaux Mohammad Wajih Maoula et Adel Daoud Saadé.Photo Ani
Deux membres des pompiers de Beyrouth ont trouvé la mort hier à l'aube, victimes de leur devoir, en tentant de venir à bout d'un incendie à Mar Élias, a annoncé le mohafez de Beyrouth, Ziyad Chbib. Cet incident remet sur le tapis la question de la sécurité des bâtiments à caractère résdidentiel.
Les caporaux Mohammad Wajih Maoula (30 ans) et Adel Daoud Saadé (27 ans) ont perdu la vie en luttant contre le sinistre qui s'était déclaré dans une imprimerie et un entrepôt de carton sis dans le sous-sol d'un immeuble résidentiel de 10 étages. Ils avaient auparavant contribué à évacuer les habitants de l'immeuble.
Selon l'agence al-Markaziya, les deux caporaux « se sont perdus dans les dédales du premier sous-sol et n'ont pas retrouvé la sortie du fait de l'étroitesse des lieux et du manque d'éclairage ». Ils ont péri asphyxiés, n'ayant plus assez d'oxygène. Des témoins ont raconté que Mohammad, qui avait trouvé la sortie, avait insisté pour retourner prêter main-forte à ses compagnons, alors que Adel s'était distingué par sa détermination à lutter contre les flammes. Toujours selon l'agence, les pompiers ont mis 12 heures environ pour éteindre les flammes. Les victimes ont été élevées au rang de sergent à titre posthume. Dans des déclarations télévisées, des proches et des camarades des deux victimes ont accusé le commandement des pompiers de manquements.
Le mohafez a présenté ses condoléances aux familles des victimes, au nom du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk. Il leur a promis de faire la lumière sur les circonstances de la mort de leurs fils. Le directeur général de la Défense civile, le général Raymond Khattar, qui s'est rendu sur les lieux de l'incendie, a rendu hommage aux deux malheureux et présenté ses condoléances aux pompiers de Beyrouth et aux familles des deux hommes, « morts en accomplissant leur devoir ». Le président de la municipalité de Saïda, Mohammad Saoudi, a présenté ses condoléances à la municipalité, aux pompiers de Beyrouth et aux familles des deux victimes. Il a rendu hommage « aux deux pompiers qui se sont sacrifiés » pour sauver des vies humaines.
Le président de l'association « Safe Building Alliance », Youssef Azzam, s'est demandé, dans un communiqué, « jusqu'à quand les entrepôts de la mort continueront à menacer la sécurité des habitants ». L'ingénieur a rappelé les dangers que représentent certains entrepôts dans des zones résidentielles. « Mais les responsables n'ont jamais pris la moindre mesure », a-t-il déploré, invitant les autorités à prendre une décision politique sur la sécurité des bâtiments.


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