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Moyen Orient et Monde - Conflit

La coalition poursuit ses raids au Yémen

Ban Ki-moon a annoncé la nomination d'un nouveau médiateur ; Sharif a été reçu hier par le roi Salmane.

Les partisans des houthis manifestant en marchant sur des bouts de verre cassé à Sanaa. Mohammad Huwais/AFP

La coalition menée par l'Arabie saoudite a poursuivi à un rythme très soutenu hier ses raids au Yémen contre des rebelles chiites toujours défiants, estimant que la menace qu'ils représentent empêche à ce stade l'arrêt total des frappes aériennes.
Dans la nuit puis hier, les raids ont été d'une grande intensité et ont touché pratiquement toutes les zones où les rebelles sont présents. Les nouvelles frappes aériennes ont visé des sites près de la capitale Sanaa. Une base aérienne à Hodeïda a également été prise pour cible, ainsi qu'un rassemblement de miliciens chiites près de Marib. Des habitants ont aussi fait état de raids près de la cité portuaire de Aden, où des affrontements opposent toujours rebelles et combattants pro-Hadi, selon des témoins.
Au moins 23 rebelles chiites houthis ont été tués hier dans des raids aériens de la coalition arabe sur la ville de Daleh, dans le sud du Yémen, a indiqué un responsable local. Ce bilan n'a pas pu être confirmé de source indépendante par l'AFP, et les houthis ne communiquent que rarement sur leurs pertes humaines. À Daleh, ainsi que dans la province de Lahej, des positions rebelles dans des écoles et des bâtiments publics ont été « rasées » par des frappes aériennes, a indiqué Nasser al-Shouaibi, leader d'un groupe armé favorable au président Abd Rabbo Mansour Hadi. Un peu plus au Nord, dans la ville de Taëz, un responsable de la Croix-Rouge a indiqué qu'une de ses équipes avait retrouvé les corps de dix soldats après la prise mercredi par les rebelles d'un camp de militaires fidèles au président Abd Rabbo Mansour Hadi. Selon la même source, les houthis empêchent la Croix-Rouge d'accéder à un endroit où se trouvent d'autres corps.
Pour rappel, en annonçant la fin des frappes mardi, le gouvernement saoudien avait précisé qu'il se réservait la possibilité d'intervenir de nouveau si des mouvements rebelles se faisaient menaçants. Ce qu'a répété mercredi l'ambassadeur saoudien à Washington Adel al-Joubeir : « Lorsque les houthis feront un geste agressif, il y aura une réponse. Nous continuerons d'employer la force pour les empêcher de prendre le Yémen par des actions agressives. » Le marché pétrolier a été sensible au risque d'escalade au Yémen, les cours ouvrant hier à la hausse à New York. D'ailleurs, les développements depuis 48 heures prouvent que « les conditions objectives d'un véritable cessez-le-feu ne sont pas réunies » et que « la guerre n'est pas finie », a estimé pour sa part l'analyste émirati Abdelkhaleq Abdulla.
Par ailleurs, à New York, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a annoncé la nomination d'un nouveau médiateur pour le Yémen après la démission le 16 avril de Jamal Benomar, critiqué par les partisans du président yéménite en exil et par leurs alliés du Golfe. La nomination du Mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmad sera effective lundi si aucun pays du Conseil de sécurité ne s'y oppose. Mais la reprise de pourparlers sous l'égide des Nations unies, ce que souhaitent les rebelles chiites houthis, ne pourra se faire qu'après un arrêt total des frappes, ont prévenu ces derniers. Les houthis avaient aussi salué mercredi « les efforts positifs » de l'Onu et son « soutien déclaré au dialogue national », alors que l'Arabie saoudite et ses alliés semblent préférer un processus régional.

Interrogations sur la stratégie de Riyad
La poursuite des raids suscite des interrogations sur les raisons qui ont poussé l'Arabie saoudite à annoncer la fin de la campagne aérienne. Les spéculations vont bon train à ce sujet. Certains mettent en avant des pressions internationales en raison des nombreuses victimes civiles du conflit, d'autres des conseils amicaux de pays occidentaux alliés de Riyad pour l'amorce d'un règlement politique et d'autres encore évoquent des négociations en coulisses qui ont déjà commencé avec des parties yéménites.
L'Arabie saoudite a fait l'objet de nombreuses critiques à propos du coût humain des raids, dont celles de Human Rights Watch, qui a demandé hier une enquête sur les bavures présumées de la guerre. De son côté, l'Organisation mondiale de la santé a fait déjà état d'un bilan de 1 080 morts et 4 352 blessés, civils et militaires, depuis le 19 mars.
Sur le plan diplomatique, le Premier ministre du Pakistan, qui a pour le moment refusé de s'associer à l'intervention militaire de la coalition arabe, a été reçu hier par le roi Salmane. Nawaz Sharif était à la tête d'une importante délégation, composée notamment du chef de l'armée et du ministre de la Défense. « Le point principal (des discussions) a été la solidarité (du Pakistan) avec l'Arabie saoudite », a indiqué un responsable pakistanais sous le couvert de l'anonymat.
Dans la région, la Somalie, déjà gravement déstabilisée par des islamistes radicaux, a dit craindre les retombées de ce conflit. « Notre économie ne peut supporter cet afflux de réfugiés » venus du Yémen, a déclaré le Premier ministre somalien Omar Abdirashid Ali Sharmake.
(Source : AFP)

La coalition menée par l'Arabie saoudite a poursuivi à un rythme très soutenu hier ses raids au Yémen contre des rebelles chiites toujours défiants, estimant que la menace qu'ils représentent empêche à ce stade l'arrêt total des frappes aériennes.Dans la nuit puis hier, les raids ont été d'une grande intensité et ont touché pratiquement toutes les zones où les rebelles sont présents. Les nouvelles frappes aériennes ont visé des sites près de la capitale Sanaa. Une base aérienne à Hodeïda a également été prise pour cible, ainsi qu'un rassemblement de miliciens chiites près de Marib. Des habitants ont aussi fait état de raids près de la cité portuaire de Aden, où des affrontements opposent toujours rebelles et combattants pro-Hadi, selon des témoins.Au moins 23 rebelles chiites houthis ont été tués hier...
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