Moyen Orient et Monde

L'UE prête à lancer une opération militaire contre les « cargaisons de la mort »

OLJ
23/04/2015

Les dirigeants européens doivent se prononcer aujourd'hui sur une opération militaire contre les trafiquants de migrants en Libye, responsables de la pire tragédie en Méditerranée.
Il faut « entreprendre des efforts systématiques pour identifier, capturer et détruire les bateaux avant qu'ils ne soient utilisés par les trafiquants », selon le projet de déclaration du sommet extraordinaire convoqué après un nouveau naufrage dimanche, qui a fait quelque 800 morts. L'Europe se doit d'apporter une réponse forte, qui aille au-delà du renforcement des moyens de surveillance maritime ou d'une meilleure solidarité dans l'accueil des réfugiés. Les chefs d'État et de gouvernement devraient donc lancer les « préparatifs pour une possible opération de sécurité et de défense », autrement dit une opération militaire. Ce serait une première dans la lutte contre l'immigration clandestine.
« On ne peut pas être sérieux si on ne prend pas en considération la demande de Matteo Renzi », a affirmé un haut responsable européen. Le chef du gouvernement italien a en effet demandé l'examen de la possibilité de mener des « interventions ciblées » contre les passeurs en Libye, devenu le pays d'embarquement des migrants et des candidats à l'asile en direction de l'Italie et de Malte. « Personne ne parle d'envoyer des troupes au sol », a assuré une source européenne, tout en soulignant que la question d'un mandat des Nations unies « dépend de l'étendue de la mission ». « Ce ne sera pas une guerre, mais des actions ciblées. »

Le plan soumis aux dirigeants européens prévoit aussi de « doubler » de trois à six millions d'euros le budget mensuel alloué à Frontex, l'agence chargée de la surveillance des frontières, pour renforcer les moyens alloués aux missions maritimes Triton en Italie et Poséidon en Grèce, afin de leur permettre d'augmenter leurs opérations de surveillance et de sauvetage.
Le troisième volet traite de l'accueil des migrants. Il propose aux États d'accueillir « au moins 5 000 personnes ayant obtenu le statut de réfugiés », dans le cadre d'un projet de réinstallation.
De leur côté, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et son homologue auprès de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, ont exigé que les factions rivales en Libye se mettent rapidement d'accord pour reconstruire un État, première étape pour permettre d'endiguer le flux de migrants. À Londres, le Premier ministre britannique David Cameron a dit vouloir empêcher les migrants de prendre la mer, afin de « mettre fin à ces cargaisons de la mort ».

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