Le président syrien, Bachar el-Assad. AFP/File
Le président syrien Bachar el-Assad estime que le soutien militaire et logistique apporté par la Turquie aux insurgés a joué un rôle décisif dans la conquête de la ville d'Idleb par une alliance de groupes islamistes à la fin du mois dernier. Idleb, ville de 100 000 habitants, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière turque dans le nord-ouest de la Syrie, n'est que la deuxième capitale provinciale après Raqqa à tomber aux mains de la rébellion en quatre ans de guerre civile. « Le principal facteur a été l'énorme soutien venu de Turquie : soutien logistique et militaire, et évidemment soutien financier venu d'Arabie saoudite et du Qatar », déclare le président syrien dans une interview au journal suédois Expressen publiée hier. Prié de commenter ces propos, le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Tanju Bilgic, a déclaré qu'ils « ne reflétaient pas la réalité ». « Ce sont des allégations sans fondement du régime syrien, qui ne doivent pas être prises au sérieux », a-t-il dit. Pour rappel, la Turquie est un des pays les plus hostiles à Bachar el-Assad, dont elle réclame le départ pour résoudre la crise syrienne.
Depuis qu'Idleb est tombée aux mains des insurgés, notamment du Front al-Nosra affilié à el-Qaëda, la ville est la cible de bombardements incessants de l'armée gouvernementale. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins 57 frappes y ont été recensées hier. En outre, dix-sept barils d'explosifs ont notamment été largués sur Idleb par des hélicoptères, a déclaré l'OSDH, qui suit le conflit en s'appuyant sur un réseau d'informateurs sur le terrain. Le gouvernement n'a pu être contacté à ce propos. Selon l'OSDH, deux membres importants d'el-Qaëda, originaires du Golfe, ont été tués par les forces loyalistes dans le sud de la ville.
Par ailleurs, le groupe jihadiste État islamique (EI) a commencé à délivrer des « cartes d'identité » et des documents administratifs portant son nom pour les habitants de la province de Raqqa, son fief dans le nord de la Syrie, ont rapporté hier l'OSDH et des militants syriens. La carte porte une photo du détenteur, son nom, sa date et son lieu de naissance, les noms de ses parents et l'inscription « province (wilayat) de Raqqa ». Les combattants du groupe ont déjà reçu leur carte, mais les femmes n'auront pas ce document car l'impression de leur photo est interdite, selon un militant anti-EI.
(Source : AFP)

