Le Conseil des ministres a besoin de deux réunions pour approuver le projet de budget, selon ses sources. Photo Ani
Le Conseil des ministres tiendra mardi prochain une réunion extraordinaire pour poursuivre l'examen du projet de budget 2015 qu'il a entamé hier.
Deux formules sont en fait sous étude. La première comporte le coût de la nouvelle grille des salaires dans le secteur public, si jamais celle-ci est appliquée, ainsi que les recettes proposées pour la financer. La seconde ne retient que sept des recettes suggérées et en exclut la TVA.
Selon les estimations avancées, les dépenses s'élèveraient à 23 362 milliards de livres contre 15 634 milliards de recettes, soit un déficit de 7 427 milliards de livres.
Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a exposé les deux formules proposées pour la nouvelle loi de finances, la première que le Liban aura depuis 2006 si elle est votée par le Parlement. Selon les informations obtenues, plusieurs ministres se sont opposés à une intégration des recettes de la grille des salaires dans le projet de loi avant que celle-ci ne soit approuvée au Parlement, et relevé la confusion qui pourrait naître de cette situation. M. Khalil devait cependant considérer que si les blocs parlementaires envisagent sérieusement d'approuver l'échelle de salaires proposée, rien n'empêche de maintenir ses recettes dans le texte. Les ministres Waël Bou Faour et Akram Chehayeb n'ont pas apprécié le lien fait entre les deux projets de lois, alors que les ministres Kataëb, ainsi que Michel Pharaon et Boutros Harb se sont carrément opposés à ce que les chiffres de la grille des salaires soient inclus dans la loi de finances prévue pour 2015, en disant redouter que cette démarche ne fasse sauter tout le texte.
Au terme d'un débat qui a pris un certain temps, décision a été prise de charger le ministre des Finances d'engager des concertations avec les blocs parlementaires, durant les trois prochains jours, avant de déterminer s'il faut ou non qu'il maintienne les chiffres des nouveaux salaires dans le projet de budget. Il devra exposer mardi les résultats de ses concertations à ses collègues. Selon des sources ministérielles, le gouvernement n'a pas besoin de plus de deux réunions pour approuver le texte.
Le Conseil des ministres s'est par ailleurs penché sur le dossier des camionneurs libanais bloqués en Jordanie, en Arabie saoudite et sur la frontière koweïtienne. Leur rapatriement devrait coûter à l'État un million de dollars. Il a décidé de trancher la semaine prochaine sur la question. Le ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, a été chargé de dresser la liste des camionneurs bloqués et d'entreprendre des contacts avec les missions diplomatiques libanaises dans ces trois États afin de pouvoir établir la liste de ceux qui travaillent pour des sociétés privées et ceux qui travaillent pour leur propre compte, les premiers devant être rapatriés aux frais de leurs compagnies respectives et les derniers aux frais de l'État.


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