Yasuyoshi Chiba/AFP
À peine annoncée la candidature de Hillary Clinton, sa fille Chelsea est montée au créneau, 3e pilier d'une dynastie familiale unique dans la politique américaine, qui ne va pas ménager ses efforts pour l'élection présidentielle de 2016. Chelsea (35 ans), mère d'une petite Charlotte de 6 mois, a longtemps évité les projecteurs visant ses célèbres parents Bill et Hillary. Mais cette semaine, elle faisait la couverture de la version américaine du magazine Elle, plaidant en pages intérieures pour l'élection d'une femme à la présidence.
« Quand vous posez la question de l'importance d'avoir une femme président, oui, absolument, c'est important, oui, pour des raisons symboliques. Et les symboles sont importants, explique-t-elle dans cette interview. Une de nos valeurs fondamentales dans ce pays est que nous sommes le pays de l'égalité des chances. Mais quand cette égalité n'inclut pas les sexes, il y a là un défi fondamental, et je pense qu'avoir notre première femme président – quelle qu'elle soit – aidera à le relever. »
En 2008, Chelsea, brillante diplômée de Stanford, Oxford et Columbia, avait déjà fait campagne pour Hillary, principalement sur les campus. Elle avait décrit sa mère comme son « héroïne » à la convention démocrate. Mais elle s'était à l'époque refusée à toute interview.
Coïncidence ?
Sur son rôle dans la campagne, « tout dépendra de la stratégie de Hillary », explique le professeur Robert Shapiro, expert en politique de l'Université Columbia à New York. « Vu la vidéo qu'elle a utilisée pour lancer sa campagne, mettant notamment l'accent sur les familles et les femmes, le fait que Chelsea ait un bébé qui est sa première petite-fille, il y a là un angle à exploiter », estime-t-il. Coïncidence ? Les premières photos de Charlotte ont été publiées le week-end même de l'annonce de la candidature de Hillary. Souvent considérée comme distante et froide, cette dernière a longuement évoqué la joie d'être grand-mère et comment sa petite-fille l'avait déjà aidée à « voir le monde d'une façon différente ». Chelsea, ajoute M. Shapiro, « a son propre style », et pourrait « être utile auprès des jeunes et des femmes. Elle est jeune, énergique, charismatique à sa façon ».
« Elle a un doctorat en gouvernance mondiale, elle partage les intérêts de ses parents. Mais je pense que si elle joue un rôle dans la campagne, ce sera de sa propre initiative », estime pour sa part Meena Bose, professeure de sciences politiques à l'Université Hofstra. Mais pour elle, l'implication de Chelsea n'est pas sans risque. « Hillary fait partie des gens au sommet, Chelsea et son mari ont très bien réussi financièrement, vous avez donc potentiellement cette perception de déconnexion, principalement pour sa mère, mais aussi pour sa fille durant la campagne », dit-elle. « Je ne la vois pas aussi importante que Bill pour la campagne », tempère aussi M. Shapiro. Pour le site spécialisé Politico, Chelsea est néanmoins « en passe de devenir une figure majeure de la campagne et – si sa mère y entre – à la Maison-Blanche ».
Pour sa part, la jeune femme n'a pas précisé ses intentions.
(Source : AFP)

