D'un bout à l'autre des États-Unis, en passant par la Maison-Blanche, de plus de plus d'Américains exhortent les polices locales à équiper leur personnel en uniforme de caméras individuelles, après un nouveau drame en Caroline du Sud. Un homme noir de 50 ans, Walter Scott, a été abattu dans le dos par un policier blanc après avoir fui lors d'un contrôle routier. La scène a été filmée par un passant, et la vidéo a choqué l'Amérique.
Les policiers américains sont rarement poursuivis ou inculpés après avoir fait usage de la force, même létale. Mais dans ce cas, le policier, Michael Slager (33 ans), a été inculpé de meurtre et licencié. Il encourt jusqu'à la peine de mort ou la prison à perpétuité. Il avait initialement affirmé avoir tiré parce qu'il se sentait menacé, mais la vidéo amateur contredit tellement son témoignage que les appels à la généralisation des minicaméras se sont intensifiés. Les appareils coûtent environ 1 000 dollars, cinq fois moins que les caméras embarquées dans les véhicules de police et qui sont devenues la norme dans le pays.
Les experts estiment qu'il pourrait en être de même pour les minicaméras individuelles. « Dans le passé, les gens accordaient toujours le bénéfice du doute à la police », dit David Harris, un professeur de droit à l'Université de Pittsburgh, spécialisé dans les pratiques policières. « Cela commence à changer, explique-t-il. Il n'y a aucun doute que s'il n'y avait pas eu cette vidéo filmée par quelqu'un sur son téléphone, le policier serait déjà de retour au travail dans sa voiture de police. »
La mort de Walter Scott s'ajoute à celle d'autres Noirs tués par des policiers blancs, qui ont déclenché depuis l'an dernier une vague d'indignation et de manifestations contre les violences policières. La mort de Michael Brown, 18 ans, en août dernier à Ferguson dans le Missouri, a particulièrement relancé le débat sur les caméras, tant les circonstances de sa mort sous les balles d'un policier sont confuses. Des études préliminaires menées aux États-Unis, et d'autres menées au Royaume-Uni montrent que ces caméras sont très utiles pour rassembler des preuves, éliminer des plaintes abusives et, le plus souvent, soutenir les témoignages des policiers eux-mêmes.
Un peu partout, des tests sont en cours. New York, dont le service de police est le plus grand du pays, a lancé un programme pilote en décembre dans plusieurs quartiers. Cela ne veut pas dire que tous les policiers accepteront les caméras sans résister, prévient toutefois l'avocat Hugh Keefe, dans le Connecticut, qui a défendu des policiers par le passé.
Jennie MATTHEW/AFP
Moyen Orient et Monde - États-Unis
Les forces de l’ordre américaines sous pression pour s’équiper de minicaméras individuelles
La multiplication des cas de violences policières rend cet attirail nécessaire, voire même obligatoire, pour certains.
OLJ / le 11 avril 2015 à 00h00


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12 h 49, le 11 avril 2015