Angela Nyokabi Githakwa, l’une des 148 victimes de l’attaque perpétrée par les shebab contre l’université de Garissa, a été inhumée hier dans un petit village proche de Kiambu, à une vingtaine de km au nord de Nairobi, la capitale kényane. Thomas Mukoya/Reuters
Le Kenya a commencé hier à inhumer les victimes du massacre de l'université de Garissa, alors qu'une semaine après l'attaque, des parents attendent encore d'être fixés sur le sort de leurs enfants dont les corps n'ont toujours pas été identifiés.
Tôt hier, de nombreux étudiants et proches en pleurs se sont réunis à la morgue de Nairobi pour rendre un dernier hommage à Angela Nyokabi Githakwa, l'une des 148 victimes de l'attaque perpétrée le 2 avril par les islamistes somaliens shebab. Sur son cercueil, en partance pour un petit village proche de Kiambu, à une vingtaine de km au nord de la capitale kényane, repose une croix dorée. Devant l'entrée de la morgue, une vingtaine de cercueils vides et des dizaines de photographies de victimes ont été alignés.
Toute la matinée, sous de grandes tentes blanches, des dizaines de personnes ont ensuite tour à tour été appelées, pour récupérer le corps de leurs proches avant de partir les enterrer, parfois à des centaines de kilomètres. Jackson Kilimo est l'une d'entre elles. Il a perdu un cousin et deux cousines à Garissa. Avec d'autres membres de sa famille, il s'apprête à les ramener dans leur village d'origine, dans le district de Marakwet, à quelque 380 km au nord-ouest de Nairobi.
Cependant, dans ce flot de tristesse, arrive parfois une bonne nouvelle : « Nous avons trouvé quelqu'un en vie hier, glisse un responsable. La famille campait ici, mais l'étudiant était parti avec des amis sans rien dire à ses parents. »
Parallèlement, les médias kényans commencent de leur côté à s'interroger sur le bilan de la tuerie, expliquant que des étudiants manquent toujours à l'appel, qui ne figurent pas sur la liste des tués. Nairobi nie cependant toute manipulation et dénonce des « rumeurs sans fondement ». Ces derniers jours, les autorités kényanes ont également été critiquées pour n'avoir pu empêcher l'attaque, malgré des renseignements en ce sens, et pour la lenteur des forces d'intervention.
(Source : AFP)

