Le Premier ministre grec Alexis Tsipras au côté du président russe Vladimir Poutine, hier, à Moscou. Alexander Zemlianichenko/AFP
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a défendu hier à Moscou son indépendance d'esprit au sein de l'Union européenne critiquant, aux côtés de Vladimir Poutine, les sanctions décidées par les Européens contre la Russie dans la crise ukrainienne. « La Grèce est un pays souverain et a le droit inconditionnel de mener une politique internationale multiforme et à utiliser son rôle politique en tant que pays européen, méditerranéen et balkanique », a martelé M. Tsipras lors d'une conférence de presse conjointe avec le président russe. Il a répété ses critiques des sanctions décidées par les 28 pays européens contre Moscou après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée. « Pour résoudre cette crise profonde (en Ukraine), il faut abandonner le cercle vicieux des sanctions, qui ne contribuent pas à la défense du droit international », a-t-il martelé.
Le chef du gouvernement de gauche radicale a par ailleurs évoqué le « printemps des relations entre la Grèce et la Russie ». « L'objectif de cette visite, c'est que nous prenions un nouveau départ dans nos relations, dans la recherche de la paix et de la sécurité » en Europe, avait déclaré M. Tsipras en préambule à cette rencontre, tandis que Vladimir Poutine insistait sur la reprise des relations économiques entre les deux pays, dont les échanges ont diminué quasiment de moitié en 2014.
M. Tsipras est critiqué par des diplomates européens et des observateurs pour ses prises de position conciliantes à l'égard de Moscou. Et sous les ors du Kremlin, c'est le président russe qui a répondu pour lui de ses accusations quand la presse a évoqué le rôle présumé de « cheval de Troie » du Kremlin joué par la Grèce. Souriant à l'évocation de la « mythologie » grecque induite par la question d'un journaliste, Vladimir Poutine a assuré qu'il ne cherchait pas à « utiliser qui que ce soit à l'intérieur de l'UE » pour améliorer ses relations avec l'Union dans son ensemble.
Pas d'aide financière demandée
En pleines négociations avec ses créanciers (UE et Fonds monétaire international) en vue du déblocage d'une tranche vitale d'aide financière, M. Tsipras avait laissé monter la pression à l'approche de cette visite officielle de deux jours, certains responsables politiques grecs laissant entendre qu'Athènes pourrait être tenté de demander l'aide de la Russie. Des effets d'annonce qui avaient agacé l'UE, demandant à ce que ses États membres parlent d'une seule voix, mais que Vladimir Poutine s'est lui-même chargé de nuancer. « La Grèce ne nous a pas adressé de demande d'aide financière », a-t-il déclaré, assurant cependant que Moscou pourrait investir en Grèce dans des projets d'infrastructure.
Mais alors que le ministre de l'Économie russe, Alexeï Oulioukaïev, avait évoqué la possibilité d'assouplir pour la Grèce l'embargo alimentaire décidé l'été dernier contre l'Union européenne suite à la crise ukrainienne, M. Poutine a rappelé qu'il était impossible pour la Russie de faire une exception pour un seul pays.
(Source : AFP)


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20 h 53, le 09 avril 2015