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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Paris promet une « coopération exemplaire » avec Tunis

Visite d'État de deux jours de Béji Caïd Essebsi en France.

Geste rare, le président français François Hollande a reçu en personne son homologue tunisien à l’hôtel des Invalides, manière de souligner l’attachement de la France au processus démocratique en Tunisie. Benoît Tessier/Reuters

Trois semaines après l'attentat sanglant du musée du Bardo à Tunis, le président Tunisien Béji Caïd Essebsi a entamé hier une visite d'État de deux jours en France, où François Hollande a promis une « coopération exemplaire » en matière sécuritaire, économique et culturelle, avec la jeune démocratie tunisienne.
« Nos deux pays sont côte à côte pour faire face aux épreuves », a d'ailleurs lancé M. Hollande lors d'une conférence de presse commune. Il n'est pas entré dans le détail en matière sécuritaire, se bornant à mentionner des « échanges de renseignements » et un renforcement de la coopération pour assurer la sécurité de la frontière tunisienne, voisine de la Libye en plein chaos.
Le chef de l'État a aussi annoncé une conversion de dette à hauteur de 60 millions d'euros, afin d'assurer le financement de projets d'investissements, et a promis que la France serait « l'ambassadeur de la Tunisie en Europe » pour mobiliser le soutien de l'UE.
« Nous sommes au milieu du gué », a pour sa part lancé M. Essebsi, rappelant que la Tunisie était un pays « en voie de démocratisation ».
Geste rare, réservé jusqu'à présent au seul président chinois Xi Jinping, François Hollande avait auparavant reçu en personne son homologue tunisien à l'hôtel des Invalides, manière de souligner une nouvelle fois l'attachement de la France au processus démocratique en Tunisie, pays pionnier des printemps arabes. Les deux hommes ont ensuite traversé à bord du même véhicule la Seine sur le pont Alexandre III, escortés par les cavaliers et les motards de la Garde républicaine avant de rejoindre l'Élysée, quelques centaines de mètres plus loin.
Béji Caïd Essebsi, premier président tunisien élu démocratiquement, doit aussi s'exprimer devant le Sénat avant d'être reçu aujourd'hui à déjeuner par le Premier ministre, Manuel Valls.
Cette visite intervient aussi une dizaine de jours après celle effectuée par le chef de l'État français à Tunis pour participer à une grande marche de protestation contre le terrorisme après l'attentat du 18 mars contre le musée du Bardo, qui a fait 22 morts, dont 21 touristes.
La coopération promise par la France est cruciale aussi pour l'économie tunisienne alors que le secteur du tourisme, stratégique, a subi un rude coup après l'attentat du Bardo, avec des réservations en chute de 60 % selon le syndicat national (français) des agents de voyages (SNAV).
Selon le chef de la diplomatie tunisienne Taïeb Baccouche, des négociations sont en cours avec la France et les Émirats arabes unis pour l'acquisition d'armes, alors que la Tunisie est confrontée à la présence de jihadistes armés à sa frontière avec l'Algérie et regarde d'un œil inquiet son voisin libyen basculer dans le chaos.
La France est le premier partenaire commercial de la Tunisie et son premier investisseur extérieur. Elle est aussi le premier pays pourvoyeur de touristes et le premier bailleur de fonds bilatéral.

Embuscade
Sur le terrain, les violences continuent. Trois soldats tunisiens ont été tués hier et six autres blessés dans une embuscade dans la région de Kasserine, une zone d'activité de jihadistes armés dans le centre-ouest du pays, a annoncé la télévision nationale Wataniya 2, citant le ministère de la Défense. Le groupe armé actif dans la région est la Phalange Okba Ibn Nafaa liée à el-Qaëda et qui, selon les autorités, est aussi responsable de l'attaque sanglante contre le musée du Bardo.

(Source : AFP)

Trois semaines après l'attentat sanglant du musée du Bardo à Tunis, le président Tunisien Béji Caïd Essebsi a entamé hier une visite d'État de deux jours en France, où François Hollande a promis une « coopération exemplaire » en matière sécuritaire, économique et culturelle, avec la jeune démocratie tunisienne.« Nos deux pays sont côte à côte pour faire face aux épreuves », a d'ailleurs lancé M. Hollande lors d'une conférence de presse commune. Il n'est pas entré dans le détail en matière sécuritaire, se bornant à mentionner des « échanges de renseignements » et un renforcement de la coopération pour assurer la sécurité de la frontière tunisienne, voisine de la Libye en plein chaos.Le chef de l'État a aussi annoncé une conversion de dette à hauteur de 60 millions d'euros, afin d'assurer le...
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