Une quarantaine de Libanais ont été rapatriés de Sanaa la semaine dernière à cause de la situation qui prévaut au Yémen après l'intervention militaire de la coalition arabe contre les houthis. Les télévisions locales ont mis en relief les difficultés qu'ils ont eues à regagner le pays, en se basant sur le témoignage d'une personne qui a affirmé avoir été contrainte, avec d'autres, de payer des sommes allant de 3 000 à 4 000 dollars pour pouvoir prendre l'avion pour Beyrouth.
Le ministère des Affaires étrangères est intervenu sur ce point hier. Dans un communiqué, le palais Bustros a précisé, en se basant sur les indications fournies par le chargé d'affaires libanais au Yémen, Hadi Jaber, qu'il n'a jamais été question d'argent, lors des préparatifs de l'évacuation des Libanais qui le souhaitaient, « pour la simple raison que la mission diplomatique libanaise ignore le montant des sommes qui doivent être versées aux compagnies aériennes avec lesquelles l'Onu s'était entendue pour organiser les opérations d'évacuation. Jusqu'à maintenant, la mission diplomatique libanaise n'a toujours pas été informée des sommes qu'elle doit payer », selon le texte qui précise que le souci principal de celle-ci était d'assurer la protection des Libanais.
Le communiqué affirme en outre que la personne dont le témoignage a été recueilli par les télévisions locales n'a pas pris contact avec la chancellerie libanaise, « sachant que ce n'est que vendredi que ses compatriotes ont été évacués et que le chargé d'affaires se trouvait encore à Sanaa au cours de cette même période ».
L'ambassade, poursuit le texte, avait pris soin d' « établir un réseau de communication entre les Libanais de Sanaa et demandé à tous ceux qui souhaitaient quitter le pays de prendre contact avec l'ambassade ». Au total, 39 Libanais ont été évacués à la suite d'une coordination avec les Nations unies à New York. D'autres ont choisi de rester à Sanaa « à cause d'engagements familiaux ou professionnels ».
Selon les explications de M. Jaber à L'Orient-Le Jour, c'est à travers le Programme alimentaire mondial (Pam) que le contact s'est fait avec l'Onu à New York. Le chargé d'affaires avait créé un groupe WhatsApp pour que les Libanais de Sanaa puissent communiquer entre eux. Le groupe de 39 qui a choisi de quitter le Yémen s'était rendu une première fois, mercredi, à l'aéroport de la capitale, mais il a été empêché de prendre l'avion « pour des raisons de sécurité ». Ce n'est que le samedi qu'il a réussi à monter à bord d'un appareil yéménite, un Félix, pouvant accueillir 50 passagers, pour se rendre à Djibouti. Là, le groupe s'est dispersé. Certains sont venus au Liban via Addis-Abeba, d'autres via Doha et d'autres via Istanbul.
Ce sont les passagers libanais qui ont demandé à la représentante du Pam s'ils devaient payer leurs billets d'avion. Mais celle-ci a répondu : « Maintenant, nous sauvons des gens. »
Liban
Trente-neuf Libanais évacués de Sanaa en coordination avec l’Onu
OLJ / Par Khalil FLEYHANE, le 02 avril 2015 à 00h37

