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Moyen Orient et Monde - Offensive

Téhéran et Riyad s’accusent mutuellement de déstabiliser le Yémen

Sanaa a subi hier avant l'aube les raids aériens les plus violents depuis le déclenchement de l'opération « Tempête de la fermeté ».

Sanaa a subi hier avant l’aube les raids aériens les plus violents depuis le déclenchement jeudi dernier de « Tempête de la fermeté » par l’Arabie saoudite contre des rebelles chiites pro-iraniens et des militaires restés fidèles à l’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh. Mohammad Huwais/AFP

L'Arabie saoudite et l'Iran se sont mutuellement accusés hier de déstabiliser le Yémen. Le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a eu des mots très durs contre les rebelles chiites, l'ancien président Ali Abdallah Saleh et l'Iran, qu'il a tenus pour responsables du conflit. « Les miliciens chiites et l'ex-président Saleh ont, avec le soutien de l'Iran, cherché à déstabiliser le Yémen et à brouiller les cartes » dans ce pays, a-t-il ainsi déclaré. « Nous ne sommes pas des va-t-en-guerre, mais, dès lors que l'on bat les tambours de la guerre, nous y sommes prêts ». En écho, l'Iran a averti que l'opération au Yémen pourrait embraser l'ensemble du Moyen-Orient. « Le feu de la guerre » poussera « toute la région à jouer avec le feu », a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian, ajoutant : « Les opérations militaires doivent s'arrêter immédiatement. » En outre, l'Iran a annoncé l'envoi au Yémen d'une aide comprenant « 19 tonnes de médicaments et de matériel de santé, des produits vitaux et deux tonnes de nourriture ».
Pour sa part, le haut-commissaire de l'Onu aux Droits de l'homme, Zeid Raad al-Hussein, a qualifié la situation d' « extrêmement alarmante », avec « des dizaines de civils tués » ces quatre derniers jours. « Le pays semble être au bord de l'effondrement total », a-t-il prévenu depuis Genève.
Sur le terrain, la capitale yéménite a subi hier avant l'aube les raids aériens les plus violents depuis le déclenchement jeudi dernier des raids aériens par l'Arabie saoudite contre des rebelles chiites pro-iraniens et des militaires restés fidèles à Ali Abdallah Saleh. « De fortes explosions ont résonné toute la nuit. C'était horrible », a témoigné un habitant, Assem al-Sabri. « Tous les camps de la garde républicaine autour de Sanaa ainsi que l'aéroport ont été bombardés dans la nuit », a indiqué un habitant. Outre Sanaa, les raids aériens ont touché des sites de la garde républicaine et des positions de la DCA dans plusieurs régions, selon des habitants.
Pour sa part, le porte-parole saoudien de la coalition, le général Ahmad Assiri, a implicitement admis la responsabilité de la coalition dans le raid qui a fait 40 morts et 200 blessés lundi dans le camp de déplacés d'al-Mazrak, au nord-ouest du Yémen. « La coalition a été visée par des miliciens depuis une zone résidentielle et l'aviation a dû répliquer », a-t-il dit.
Parallèlement, le QG de la 33e division a subi hier un raid de la coalition qui a fait 32 morts parmi ses soldats, a affirmé à l'AFP une source médicale. Ces morts viennent s'ajouter à 47 autres civils et militaires qui ont péri lundi et hier avant l'aube dans différentes attaques dans le Sud, dont 20 ouvriers d'une cimenterie de Lahej, touchée par des obus d'origine indéterminée. En réaction, le Haut-Commissariat de l'Onu pour les droits de l'homme s'est dit « choqué » par l'attaque contre le camp de déplacés et a dénoncé d'autres attaques contre des cibles civiles. Cécile Pouilly, porte-parole de cet organisme, a dénoncé en particulier une attaque à Daleh de la 33e division blindée, favorable à l'ex-président Saleh, et des houthis contre trois hôpitaux.
Sur le plan humanitaire, Médecins sans frontières (MSF) a annoncé avoir « traité plus de 550 blessés depuis le 19 mars à la suite d'affontements à Aden, Lahej et d'autres régions du Sud ». Selon Amnesty International, au moins six civils – deux femmes et quatre enfants –figurent parmi quatorze personnes brûlées vives lors d'un raid aérien de la coalition mardi avant l'aube dans la province d'Ibb (centre du Yémen). Les frappes visaient une cible houthie. Enfin, le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué hier ne pas avoir obtenu les garanties de sécurité nécessaires pour faire atterrir au Yémen un avion chargé de matériel médical. Dans un communiqué, l'organisation condamne aussi la mort d'un volontaire du Croissant-Rouge yéménite, « Ali Omar Hassam, abattu lundi dans la province méridionale d'al-Dhalea alors qu'il évacuait des blessés ».

(Source : AFP )

L'Arabie saoudite et l'Iran se sont mutuellement accusés hier de déstabiliser le Yémen. Le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a eu des mots très durs contre les rebelles chiites, l'ancien président Ali Abdallah Saleh et l'Iran, qu'il a tenus pour responsables du conflit. « Les miliciens chiites et l'ex-président Saleh ont, avec le soutien de l'Iran, cherché à déstabiliser le Yémen et à brouiller les cartes » dans ce pays, a-t-il ainsi déclaré. « Nous ne sommes pas des va-t-en-guerre, mais, dès lors que l'on bat les tambours de la guerre, nous y sommes prêts ». En écho, l'Iran a averti que l'opération au Yémen pourrait embraser l'ensemble du Moyen-Orient. « Le feu de la guerre » poussera « toute la région à jouer avec le feu », a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires...
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