Le mohafez du Nord effectuant sa visite à Selaata en compagnie de ses collaborateurs.
Le mohafez du Liban-Nord, Ramzi Nohra, a enjoint à l'usine de produits chimiques de Selaata de mettre fin à la pollution qui s'en dégage. Celle-ci a publié un communiqué en soirée, précisant qu'elle traite ses déchets gazeux et liquides, et qu'elle est soumise à la surveillance du ministère de l'Environnement.
Ramzi Nohra a donc effectué une visite surprise hier à l'usine, accompagné de ses collaborateurs. « Les habitants de Selaata et des environs respirent des poisons à longueur de journée, a-t-il déclaré. Les rejets de l'usine tuent la vie marine et polluent la côte de Batroun jusqu'à Chekka. L'objectif de cette tournée est de corriger le fonctionnement de cette usine et de l'empêcher d'enfreindre les lois en vigueur. » « La pollution sur cette partie de la côte est extrêmement élevée, voire effrayante, en raison de l'activité de l'usine, a poursuivi M. Nohra. Le taux de pollution dans l'eau est des centaines de fois plus élevé qu'ailleurs. » Il a ajouté : « Un délai d'un mois est donné aux propriétaires de cette usine pour arrêter de jeter des déchets chimiques en mer, et pour contrôler les émanations nauséabondes qui se dégagent du site et qui atteignent les régions environnantes. Nous nous sommes en effet assurés du fait que l'usine rejette en mer toutes les matières qu'elle n'utilise pas dans la production. »
Estimant que ces actions sont « inacceptables », le mohafez a déclaré qu'il allait suivre cette affaire auprès du ministère de l'Environnement.
L'avocat de la compagnie, Sayed Fayad, a assuré pour sa part que l'usine « est très soucieuse de respecter les lois en vigueur et fait ce qu'il faut pour appliquer les critères que lui impose le ministère de l'Environnement en vue de préserver l'environnement et la mer ». Il a également déclaré que la compagnie « ne veut nuire à personne et est prête à faire tout ce qui est de nature à protéger la population des alentours ». « Même s'il y a des dégâts qui ont peut-être été causés de manière non intentionnelle, nous sommes soucieux de préserver l'intérêt et la santé de la population », a-t-il ajouté. M. Fayad s'est par ailleurs déclaré non qualifié pour répondre à une question sur le taux de pollution en mer.
À ces paroles, le mohafez a répondu que « des échantillons d'eau de mer ont déjà été prélevés et analysés, montrant les taux de pollution que nous avons évoqués ». « D'ailleurs, dès notre arrivée dans les locaux de l'usine, nous avons pu constater l'ampleur de la pollution chimique à cause des odeurs que nul ne peut supporter, a-t-il poursuivi. Sans compter les émissions des cheminées que nous ferons analyser par un comité spécialisé. » Il a rappelé que de nombreuses plaintes lui sont parvenues de résidents des quartiers proches.
En soirée, la compagnie a publié un communiqué assurant qu'elle traite ses déchets « en appliquant des critères internationaux ». Elle assure se soumettre « à une autosurveillance » et présenter « un rapport mensuel au ministère de l'Environnement qui comporte des mesures continues des émissions ainsi que des analyses d'échantillons des eaux usées, conformément aux directives du ministère ». Elle a souhaité que « le mohafez s'assure des données qui lui ont été fournies parce qu'elles sont erronées ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
La compagnie a publié un communiqué assurant se soumettre à une "autosurveillance !". Tféhhh !
07 h 29, le 01 avril 2015