Divers rassemblements ont eu lieu hier devant le Bardo pour dénoncer l’attaque revendiquée par l’EI et rendre hommage aux 21 victimes. Fadel Senna/AFP
Moins d'une semaine après l'attaque revendiquée par le groupe État islamique (EI), la réouverture au public du musée Bardo a été reportée sine die à Tunis hier. Le désordre a régné sur les motifs de ce report : le musée a d'abord évoqué « des raisons de sécurité », une explication démentie ensuite par le gouvernement qui a argué « de travaux à finir » et assuré que le site était « sécurisé ». Le ministère de la Culture a, de son côté, mis en avant des « problèmes de logistique » empêchant d'accueillir « des milliers de gens ». Le conservateur du musée, Moncef Ben Moussa, a estimé pour sa part que l'établissement devrait rouvrir « normalement dimanche prochain ». C'est aussi le 29 mars que la présidence tunisienne prévoit une marche internationale « contre le terrorisme ».
Une cérémonie officielle a, elle, été toutefois maintenue pour un parterre de quelques centaines d'invités et de journalistes triés sur le volet. Elle s'est ouverte sur un spectacle avec danseurs et enfants habillés de toges romaines virevoltant sur l'escalier du hall du musée. Puis l'Orchestre symphonique tunisien, installé au pied d'une vaste mosaïque antique, a joué un récital classique. « C'est une cérémonie symbolique, la vie reprend, la joie est là », a affirmé le président du Parlement, Mohammad Ennaceur.
Ce n'est pas plus sûr à Paris...
Divers rassemblements devant le Bardo ont également eu lieu hier pour rendre hommage aux 21 victimes et dénoncer l'attaque, la première à toucher des étrangers en Tunisie depuis 2002. C'est aussi la première revendiquée par l'EI, qui sévit en Syrie, en Irak et en Libye, pays voisin de la Tunisie. À l'appel d'internautes, des centaines de personnes, des Tunisiens mais aussi des touristes pensant pouvoir visiter le plus prestigieux musée du pays, se sont succédé en cours de journée devant les grilles, en dépit du mauvais temps. Portant tambourins et pancartes dénonçant l'attaque, ils ont repris en chœur des slogans comme « Tunisie libre, terrorisme dehors », des lycéens entonnant l'hymne national et des chants révolutionnaires. Des fleurs ont été accrochées au portail. « Il faut être ici pour donner l'exemple (...) et l'image d'un peuple debout », a dit une manifestante, Najet Nouri. « On ne nous avait pas dit que c'était reporté. Nous sommes venus visiter le musée. Non, je n'ai pas peur. Ce n'est pas plus sûr à Paris qu'ici », a assuré Éliane Cotton, une touriste française.
En outre, quelque 2 000 participants au Forum social mondial, la grand-messe altermondialiste qui se tient à Tunis jusqu'à dimanche, ont pris à leur tour la direction du Bardo dans l'après-midi. « Nous voulons dire que nous sommes farouchement contre le terrorisme », a commenté Bintou Traoré, membre d'une association malienne. Une militante brésilienne, Flora Brioschi, a ajouté être venue pour montrer « la convergence des luttes dans le monde », dont celle « contre le terrorisme ».
La police avait considérablement renforcé en journée son dispositif, déployant notamment des unités d'élite aux abords du site. L'attaque du Bardo fait planer une menace sur le tourisme, secteur vital de l'économie tunisienne, et les autorités tentent de relever le défi de la sécurité pour empêcher de nouveaux attentats.
(Source : AFP)


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