Gebran Bassil recevant Malcolm Evans hier. Photo Ani
Le centre « Restart » a organisé hier à l'hôtel Holiday Inn de Verdun, en partenariat avec l'association Justice et Miséricorde et l'Organisation pour la prévention de la torture basée à Genève, un atelier autour du thème de « la criminalisation de la torture et les recommandations de la commission de lutte antitorture et de la sous-commission pour la prévention de la torture », dans le cadre d'un projet financé par l'Union européenne. L'atelier s'est tenu en présence du député Ghassan Moukheiber, de l'ambassadrice de l'UE Angelina Eichhorst, du président de la commission internationale pour la prévention de la torture Malcolm Evans, de Patrice Gillibert, de la commission de lutte antitorture, et de nombreux experts en droits de l'homme et en droit international.
Prononçant l'allocution du ministre de la Justice Achraf Rifi, le général Robert Jabbour a assuré qu'« en vertu de notre rôle au sein du cabinet, nous savons bien que les droits de l'homme et des prisonniers en particulier ne peuvent être renforcés par les autorités seules et nous avons besoin de coopérer avec la société civile ».
« Durant les deux jours au cours desquels sera tenu cet atelier, a-t-il ajouté, les participants évalueront sûrement la situation des prisonniers au Liban, à la lumière des recommandations émises par la sous-commission pour la prévention de la torture qui a présenté son rapport secret au gouvernement libanais suite à sa visite en 2010, et à la lumière des recommandations de la commission de lutte antitorture après sa visite à Beyrouth en 2013. Nous pouvons dire que certaines de ces recommandations concernant le ministère de la Justice ont été prises en compte et le travail a été entamé. Une commission a notamment été créée entre les ministères de la Justice et de l'Intérieur afin de transférer la prise en charge des prisons du ministère de l'Intérieur au ministère de la Justice. Une direction des prisons a également été créée, et un plan a été adopté pour réorganiser le métier de médecin légiste. Le ministère œuvre actuellement, par ailleurs, à conclure un document d'entente avec le centre Restart pour la réhabilitation des victimes de torture, et à étudier le projet de mise en place d'un centre pour la médecine légale et la psychanalyse au Palais de justice de Tripoli afin de détecter les crimes de torture et les punir. »
« Nous sommes déterminés à ne pas faire de la situation sécuritaire un prétexte pour ne pas respecter les droits de l'homme et les conventions internationales que le Liban a signées et qu'il est contraint d'honorer », a conclu le représentant du ministre de la Justice.
Après la cérémonie d'inauguration, le professeur Malcolm Evans, accompagné de la directrice du centre « Restart » et vice-présidente de la commission internationale pour la prévention de la torture, Suzanne Jabbour, a rencontré le ministre Rifi qui a souligné l'importance de l'atelier qui dure deux jours. M. Evans et Mme Jabbour ont également été reçus hier par le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil qui a mis l'accent sur l'importance des travaux entrepris pour permettre au Liban de ne pas manquer à ses obligations en ce qui concerne le protocole onusien de prévention de la torture.


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