« Disparu » depuis le 5 mars, Vladimir Poutine est apparu hier pour la première fois en public, faisant taire les plus folles rumeurs à son sujet. Peut-être un peu plus pâle que de coutume, il semblait néanmoins en bonne santé. Anatoly Maltsev/Pool/AFP
Vladimir Poutine a fait taire hier les rumeurs les plus folles circulant à son sujet, réapparaissant en public pour la première fois en dix jours et ironisant sur les « ragots » qui l'ont déclaré père pour la troisième fois, malade, victime d'un coup d'État ou même... mort !
La « disparition » du chef de l'État russe, à quelques jours du premier anniversaire de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée, a mis en lumière la fascination des médias russes et occidentaux pour M. Poutine, alpha et oméga de la vie politique dans son pays. Face à un Kremlin silencieux qui s'était contenté de démentir sobrement les rumeurs, médias et internautes avaient imaginé les pires scénarios, les uns projetant leur désir de le voir quitter le pouvoir en annonçant sa mort ou un coup d'État, les autres lui imaginant une nouvelle paternité (d'un enfant né en Suisse d'une ancienne sportive qui aurait été sa maîtresse) ou un tournoi de judo en Corée du Nord.
M. Poutine (62 ans) est donc apparu hier devant la presse, avec le retard dont il est coutumier, avant une rencontre au palais Constantin, près de Saint-Pétersbourg, avec son homologue kirghiz Almazbek Atambaïev. Il est entré normalement dans la pièce, peut-être un peu plus pâle que de coutume mais apparemment en bonne santé, et a serré la main du dirigeant kirghiz. Alors que M. Atambaïev expliquait aux journalistes qu'il fallait faire taire les rumeurs et que le président russe avait non seulement marché à ses côtés mais qu'il l'avait conduit en voiture, M. Poutine s'est contenté d'ironiser : « On s'ennuierait s'il n'y avait pas de ragots », a-t-il ainsi déclaré, démentant de facto les rumeurs dont il fait l'objet depuis des jours. Il n'a pas, en revanche, donné d'explications sur les raisons de cette absence inhabituelle.
Juste après, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, bombardé la semaine dernière de questions sur toutes ces rumeurs, a lui aussi ironisé devant la presse sur la frénésie médiatique des derniers jours : « Bon alors, vous avez tous vu un président paralysé, enlevé par des généraux, et qui est arrivé en avion de Suisse où il a lui-même accouché ? »
Habituellement omniprésent dans les médias, M. Poutine n'était pas réapparu en public depuis le 5 mars et avait annulé plusieurs événements la semaine dernière. Cette absence inexpliquée a donc provoqué l'hystérie de rumeurs. M. Peskov avait opposé des démentis catégoriques à chacune d'entre elles, se contenant de dire que le président était « en bonne santé », qu'il travaillait et que son agenda était chargé. Les réseaux sociaux russes fourmillaient par ailleurs de plaisanteries morbides sur le sujet, le hashtag #Putinumer (#PoutineMort) devenant même un « sujet tendance » sur Twitter.
(Source : AFP)

