Moyen Orient et Monde

Les alaouites et l’indépendance

OLJ
17/03/2015

Y a-t-il aujourd'hui, comme ce fut le cas dans les années 1920, une tendance au sein de la communauté alaouite visant à créer une confédération ou un État indépendant pour les alaouites ?
Pour Fabrice Balanche, « officiellement cette question n'est pas à l'ordre du jour. Tout le monde pense que Bachar el-Assad finira par reprendre l'intégralité du territoire. Mais l'idée de la constitution d'un territoire alaouite fait son chemin naturellement car beaucoup de familles alaouites sont venues se réfugier sur la côte dans leur village d'origine. Quel intérêt les alaouites auraient-ils à rester dans une Syrie dominée par les sunnites dans laquelle ils perdraient leurs emplois et en plus seraient pourchassés ? Les réserves d'hydrocarbures supposées en Méditerranée font rêver d'un État indépendant et conservant ses richesses. Un État indépendant alaouite intégrerait beaucoup de sunnites : 200 000 à Lattaquié plus les réfugiés, les villages sunnites de Banias... Il intégrerait Homs et sa campagne occidentale, la moitié du Ghab... mais que deviendraient les alaouites de Damas ? Ils seraient forcés de revenir dans cet État ».
Pour sa part, Bruno Paoli estime que « les alaouites, comme tous les Syriens, loyalistes et opposants, sont très attachés à l'unité du pays et rejettent catégoriquement toute idée d'une partition. Au vu des rapports de forces actuels, la question n'est d'ailleurs plus d'actualité. En abandonnant aux Kurdes, puis aux islamistes, des pans entiers du territoire national, le régime a pu laisser planer le doute sur ses intentions. Il semble aujourd'hui que cette stratégie était délibérée : tandis que les Kurdes, appuyés par une coalition internationale, se chargent de contenir l'expansion de Daech, l'armée syrienne, après avoir "pacifié" la Syrie centrale (Homs, Hama), au prix d'incommensurables dégâts humains et matériels, a les coudées franches, épaulée par le Hezbollah et avec le soutien iranien et russe, pour engager l'essentiel de ses forces dans la bataille de reconquête d'Alep, en cours, et du Rif de Damas, à venir. Car un Alaouistan côtier privé de son hinterland serait difficilement viable. L'idée d'un repli du régime est donc moins que jamais à l'ordre du jour, d'autant que la communauté alaouite n'est plus cette minorité compacte qu'elle était il y a encore un demi-siècle et que les villes côtières sont aussi habitées par des communautés sunnites très importantes ».

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