Bugatti a annoncé le mois dernier avoir vendu la 450e et ultime Veyron, baptisée « La Finale ». Une icône moderne a ainsi donc tiré sa révérence lors du Salon de Genève, qui a fermé ses portes hier, où elle était exposée sur un piédestal pour la dernière fois. Arnd Wiegmann/Reuters
Accélérations d'avion de chasse, intérieurs sur mesure et prix à sept chiffres : le Salon automobile de Genève, qui a fermé ses portes hier, a été un terrain fertile pour les supercars, dont l'une des plus emblématiques, la Bugatti Veyron, y a tiré sa révérence.
Bugatti (groupe Volkswagen) avait annoncé le mois dernier avoir vendu la 450e et dernière Veyron, voiture de tous les superlatifs avec jusqu'à 1 200 chevaux extraits de son moteur 16 cylindres. L'ultime Veyron, baptisée La Finale, a ainsi trôné pour la dernière fois sur le stand de la marque au Salon de Genève, qui avait ouvert ses portes au public le jeudi 5 mars. « Avec la Veyron, nous avons créé une icône moderne et ce Salon était l'occasion de mettre la voiture sur un piédestal, de dire merci à tous ceux qui y ont participé et de tourner la page », a expliqué Stefan Brungs, directeur des ventes de la marque.
Mais depuis que la Veyron a été présentée au début des années 2000, des concurrents se sont fait une place dans la sphère de ces véhicules réservés aux ultrariches. Exemple : Koenigsegg, qui a présenté à Genève sa Regera dotée d'un groupe motopropulseur hybride (essence-électricité) d'une puissance combinée de 1 500 chevaux, capable selon le constructeur d'accélérer de 0 à 400 km/h en 20 secondes. « Aujourd'hui, ça paraît assez normal d'avoir presque 1 000 chevaux » sous le capot, a remarqué Jens Sverdrup, responsable des ventes de la marque suédoise qui se flatte de construire non des supercars ni même des hypercars, mais des mégacars. La Regera a déjà été vendue, selon M. Sverdrup, à plusieurs exemplaires avant sa présentation, pour environ 2 millions d'euros.
C'est également la somme qu'exige le constructeur britannique McLaren pour céder les clés de sa P1 GTR. Comme l'Aston Martin Vulcan, autre spectaculaire nouveauté présentée à Genève cette année, il s'agit d'une auto destinée aux « gentlemen drivers » pour un usage sur circuit uniquement, et l'achat inclut des leçons de pilotage. Mais attention, a prévenu Dave Eden, responsable de la communication de la marque célèbre pour son palmarès de formule 1 : la P1 GTR sera réservée aux propriétaires de la P1 de route, une supercar hybride présentée en 2012, déjà un investissement de plus d'un million d'euros. Pour la GTR, « nous avons prévu de limiter les commandes à 40 voitures », un chiffre déjà presque atteint, a expliqué M. Eden. « Des gens sont venus du monde entier pour voir nos voitures » à Genève, selon lui.
Selfies, posters et mannequins
Contrairement aux stands des généralistes, qui étaient ouverts à tous, ceux des constructeurs de supercars étaient entourés de barrières de verre et leur accès gardé par des vigiles aux épaules bien carrées. C'était le cas notamment des marques italiennes emblématiques Ferrari et Lamborghini, devant lesquelles s'était agglutinée une foule masculine en quête de selfies... mais aussi de photos de mannequins aux robes près du corps prenant la pose à côté des carrosseries.
Certains exposants ont fait des efforts pour ceux qui n'auront sans doute jamais les moyens de s'offrir un de leurs bolides, en distribuant gratuitement des posters, comme les Italiens de Pagani. « Nous vendons des voitures, mais nous faisons cadeau de rêves aux amateurs d'automobiles dans le monde entier. Nous aussi, nous avions des posters de (la supersportive des années 1970-1980) Lamborghini Countach sur les murs de nos chambres », a expliqué Luca Venturi, responsable de la communication de Pagani. La marque produit la Huayra en fibre de carbone, à l'allure de Batmobile et à l'habitacle tendu de cuir. Prix : 1,3 million d'euros, « plus la TVA », a souligné M. Venturi. Il a en outre révélé la présentation d'une version découvrable de ce « petit bijou » l'année prochaine à Genève, un Salon très apprécié des marques exclusives.
De son côté, Bugatti n'a toutefois pas l'intention de laisser la Veyron sans descendance, a encore indiqué M. Brungs. La prochaine voiture, attendue « sans doute l'année prochaine », sera « fascinante et encore meilleure », a-t-il promis, alors que Bugatti détient toujours le record de vitesse homologué pour une auto de série, avec 431 km/h. « Nous adorons la compétition et si quelqu'un essaie de nous battre, nous relèverons le défi et riposterons avec délectation », a juré M. Brungs en conclusion.
(Source : AFP)


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