Les houthis ont tiré à balles réelles sur des manifestants hostiles à leur mouvement à Baïda. Photo Reuters
La milice chiite (houthis) au Yémen, qui s'est emparée du pouvoir à Sanaa, est invitée à participer à la conférence prévue à Riyad pour sortir le pays de la crise, a affirmé hier le ministre qatari des Affaires étrangères Khaled al-Attiyah, à l'issue d'une réunion dans la capitale saoudienne des ministres des Affaires étrangères des six monarchies sunnites du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Le secrétaire général du CCG, Abdellatif al-Zayani (Bahreïn), a confirmé que « l'invitation s'adressait à tous » les protagonistes de la crise yéménite. Aucune date n'a cependant été fixée pour cette conférence, proposée lundi dernier par Riyad à la demande du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, a ajouté M. Zayani. Celui-ci a aussi souligné que les participants devraient adhérer aux conditions posées par M. Hadi, installé à Aden, dans le sud du Yémen, après avoir fui la capitale Sanaa où il était assigné à résidence par les houthis. La conférence doit « rejeter le coup d'État » du 6 février des houthis et exiger qu'ils « restituent les armes et équipements militaires » dont ils se sont emparés et que « l'État recouvre son autorité sur l'ensemble du territoire », avait exigé M. Hadi dans une lettre au roi Salmane d'Arabie saoudite.
Pendant ce temps, deux manifestants ont été tués et six blessés hier par des tirs de miliciens chiites houthis qui dispersaient à balles réelles une foule hostile à leur mouvement à Baïda, selon des protestataires et une source médicale.
Parallèlement, des milliers de miliciens houthis mènent actuellement des manœuvres militaires près de la frontière saoudienne, dans la région d'al-Bouka, dans la province de Saada, a-t-on appris hier auprès de responsables houthis et de tribus locales. « Il s'agit pour le Yémen de se tenir prêt en cas d'agression, d'où qu'elle vienne », a déclaré l'un des chefs de la milice chiite, Mohammad al-Boukheiti.
(Sources : agences)

