La Sûreté générale envisage de reconsidérer sa décision d'expulser les enfants nés de parents immigrés installés au Liban, a annoncé hier l'ONG Insan, qui a rendu un vibrant hommage sur ce plan à la SG.
La Sûreté générale a réagi favorablement au rapport d'Insan : « Une enfance brisée, celle des enfants d'immigrés au Liban » et a suspendu sa décision de ne pas renouveler les permis de séjour des enfants de travailleurs immigrés, a indiqué l'ONG dans un communiqué. « Selon les sources d'Insan, la SG va reconsidérer sa décision prise par le passé à l'encontre d'un groupe d'enfants », poursuit le texte, qui précise que cette mesure permettra à un grand nombre d'enfants de poursuivre leurs études au Liban et empêchera le démembrement de plusieurs familles.
La décision d'expulser les enfants d'immigrés avait été prise il y a plusieurs mois. Le 3 septembre 2014, l'ONG Human Rights watch avait fait paraître un communiqué dans lequel elle avait annoncé, en citant dix ONG présentes au Liban, que les autorités libanaises « se livrent à des expulsions de force d'enfants de travailleurs immigrés qui sont nés sur son territoire et, dans certains cas, de leurs mères » et souligne que cette mesure « constitue une entrave excessive au droit de tous à une vie de famille ».
« Depuis mai 2014, près d'une douzaine de travailleuses immigrées, dont beaucoup résidaient depuis longtemps au Liban, ont informé des organisations de défense des droits humains que lorsqu'elles se sont rendues à la Sûreté générale pour faire renouveler leurs permis de résidence et ceux de leurs enfants, elles ont essuyé un refus. Certaines se sont entendu dire qu'elles n'étaient pas autorisées à avoir des enfants au Liban et qu'elles devaient quitter le pays dans un bref délai. Elles ont précisé que dans certains cas, ce délai n'était que de 48 heures », selon HRW.
Liban
La SG suspend l’expulsion des enfants de travailleurs immigrés
OLJ / le 06 mars 2015 à 00h00

