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Liban

L’égalité entre les femmes et les hommes, un premier pas vers la paix

Célébration

Pour la Journée internationale de la femme, le centre des droits de l'homme de la faculté de droit de l'Université Saint-Esprit de Kaslik a organisé un colloque sur « Les femmes et la paix » qui a rassemblé des intervenantes prestigieuses.

03/03/2015

« Les femmes sont les moteurs du changement » : le ton est donné par Sigrid Kaag, coordinatrice spéciale de l'Onu au Liban. À l'occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, s'est tenu hier à l'Université Saint-Esprit de Kaslik (Usek) un colloque sur le rôle de la femme dans la paix, qui a rassemblé une dizaine de femmes influentes venues de divers horizons.
Devant un parterre d'étudiants, mais surtout d'étudiantes, comme l'a fait remarquer l'ambassadrice des Pays-Bas, Hester M. J. Somsen, « plus habituée à débattre devant une assemblée d'hommes que de femmes », des ambassadrices, juristes, fondatrices d'association... se sont succédé au micro pour évoquer leur vision de la place de la femme à travers différentes thématiques. Un constat prédomine : l'égalité des droits entre hommes et femmes est loin d'être acquise au Liban.
« En ce jour où l'on célèbre la femme et son rôle dans la société », selon les mots introductifs de Sigrid Kaag, il s'agit de « rappeler que les femmes peuvent être des leaders dans tous les secteurs » au Liban, qui est « une exception au Moyen-Orient, un pays des plus avancés en matière de liberté d'expression et de démocratie ». La liberté de ton est effectivement de mise ce matin à l'Usek : « Je ne suis pas mariée et je n'ai pas d'enfants. Je sais que beaucoup me voient comme quelqu'un qui n'a pas "rempli ses objectifs" », lance Anita Nayar, ambassadrice d'Inde. Avec son franc-parler, elle fait remarquer après l'intervention de son homologue hollandaise qu'« aucune femme – et aucun homme non plus d'ailleurs – ne devrait être encouragée à rejoindre l'armée », au moment où la question des corps de métier dans lesquels les femmes sont peu présentes a été abordée.

L'éducation, premier levier de l'égalité homme-femme
Quelles pistes explorer pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes ? « La résolution 1325 de l'Onu (qui demande aux États membres de "faire en sorte que les femmes soient davantage représentées à tous les niveaux de prise de décision dans les institutions et les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux pour la prévention, la gestion et le règlement des différends") n'a pas été écrite seulement au sujet des femmes, elle concerne aussi les hommes ! Il faut explorer le concept de la masculinité et sa relation à la violence », selon l'ambassadrice des Pays-Bas.
Somsen lance un défi à l'assemblée captivée : celui de déterminer dans quelle mesure le stéréotype de l'homme, ce modèle vers lequel les garçons tendent au Liban, peut avoir sa part de responsabilité dans les inégalités. « La bravoure et la violence sont très valorisées dans certaines sociétés tandis que la notion de protection de la famille l'est plus dans d'autres », argue la diplomate, qui plaide aussi pour une intégration des femmes de réfugiés dans la résolution de la crise syrienne au Liban.
« La femme a un rôle humanitaire en temps de guerre et un rôle de préparation à la paix », selon la ministre des Déplacés, Alice Chaptini, seule femme du gouvernement et ancienne présidente de la Cour de cassation. Elle relève que « toutes les cultures soulignent la nécessité de la participation de la femme dans la promotion de la paix ». Au sujet de la religion, la ministre soutient qu'elle« ne constitue pas un obstacle aux droits des femmes ». « Ce sont au contraire les mauvaises interprétations de la religion qui sont le problème, martèle-t-elle. Tant que la femme ne peut pas participer au processus décisionnel, cela signifie qu'elle ne peut pas assumer son rôle de pacification dans son foyer ou dans la société », assène-t-elle encore en montrant le paradoxe des interprétations erronées de la religion. Avec Sonia Ibrahim Attiyé, ancien membre du conseil du barreau de Beyrouth et avocate des droits des femmes, et Nadine Moussa, candidate à la présidence du Liban, Alice Chaptini soutient que « la femme a le pouvoir d'élever ses enfants dans les principes de l'amour de la paix », et que, pour cela, elle a un rôle majeur dans la société.
Dans une société patriarcale masculine, plus particulièrement, selon Nadine Moussa, dans « nos pays arabes qui considèrent que la femme n'est pas l'égale de l'homme, qui la jugent avec une condescendance qui contribue à l'éloigner des sphères politiques et économiques », le changement des mentalités doit passer par le changement de l'image que les médias renvoient de la femme, selon les invitées de l'Usek. Et elles sont déterminées : comme l'a dit la très applaudie fondatrice du Comité pour la capacitation (empowerment) des femmes en politique, Hayat Arslane, pour « obtenir n'importe quel droit, il faut un lobbying, il faut une pression, n'hésitons pas à descendre dans la rue ! ».

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